L’apprentissage, une réussite, même en temps de pandémie

L'engouement amorcé il y a quelques années ne se dément pas pour atteindre en 2020 des hauteurs records. La pandémie qui a ralenti toute une économie n'a pas su mettre à mal le recrutement d'apprentis.

Malgré la crise sanitaire, les chiffres du nombre d’apprentis en formation ne cessent d’augmenter dans notre pays. L’engouement amorcé il y a quelques années ne se dément pas pour atteindre en 2020 des hauteurs records. La pandémie qui a ralenti toute une économie n’a pas su mettre à mal le recrutement d’apprentis. Une réussite à saluer.

Les raisons du succès

Dans le rapport publié en février 2021 par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Elisabeth Borne, Ministre du Travail salue des chiffres historiques en ces termes “Ce résultat historique de l’apprentissage est le fruit de la mobilisation exceptionnelle des entreprises et des centres de formation d’apprentis dans toute la France. Depuis 2017, l’apprentissage est au cœur de l’engagement du président de la République pour l’emploi des jeunes. Cette mobilisation générale doit se poursuivre pour que les résultats obtenus en 2020 deviennent la norme et que l’apprentissage continue à être une voie d’accès privilégiée à l’emploi pour les jeunes“.  L’année 2020 montre en effet une progression nette. Après une année 2019 déjà record ayant atteint le chiffre de 353 000 contrats signés, l’année 2020 a vu ce chiffre porté à 495 000.

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Cet engouement s’explique par plusieurs facteurs d’abord incitatifs mais aussi conjoncturels.

En effet, le gouvernement a tout d’abord su promouvoir efficacement ce type de formation en incitant les employeurs par un mécanisme d’aide financière qui a su doper très efficacement ce type de contrat. Primes pour les alternants mineurs et majeurs, réduction des coûts d’embauche de jeunes de moins de 26 ans prolongée jusqu’à juin 2021 pour l’embauche de personnes en situations de handicap… le secteur remplit sa vocation sociale au-delà de toutes les espérances. Le déploiement de la plateforme “1 jeune, 1 solution” a grandement contribué à pérenniser ce système incitatif et les entreprises ont su s’adapter en multipliant leurs offres.

Lire aussi : 1 jeune, 1 solution : la plateforme pour l’emploi des jeunes

Par ailleurs, l’enseignement supérieur a su s’inscrire dans cette dynamique, modernisant l’image, à tort non valorisée pendant de nombreuses année de ce type de contrats. Le nombre d’apprentis de l’enseignement supérieur croit à un rythme sans précédent. Désormais, plus de 35 % des apprentis préparent un diplôme de niveau supérieur ou égal à Bac+2 : BTS, Licence, Master… et même ingénieur.

Un changement d’image

Un basculement d’image s’est opéré dans notre société. Auparavant jugée comme une voie peu qualitative, l’apprentissage a su se transformer et augmenter son attractivité.

Preuve de l’engouement nouveau de ce type de parcours, la plateforme Parcoursup propose de plus en plus de formations sur ce modèle et le succès est grandissant auprès des jeunes.

Jeunes candidats et entreprises ont su voir tout le potentiel de ce type de formation. En effet les avantages sont désormais clairement identifiés par les deux parties :

  • Pour le jeune candidat : les diplômes obtenus bénéficient désormais d’une pertinence et d’une valeur reconnue. De plus, la rémunération prévue par le statut durant les études est un véritable atout et ouvre à une large part de la population des perspectives d’engagement de plus en plus importantes. Enfin et surtout, la valeur de l’expérience acquise durant cette phase d’apprentissage devient un atout majeur pour l’apprenti sur le marché du travail.
  • Pour les entreprises : embaucher un apprenti est devenue une garantie d’efficacité dans le travail que n’offre souvent pas les cursus dits “classiques”. La propension d’apprentis embauchés définitivement dans les entreprises après leur période d’apprentissage ne cesse de croitre dans notre pays. Ces entreprises opèrent peu à peu un transfert en aval de leur politique de formation interne et capitalisent sur leur vivier interne pour leurs futures embauches.

La loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 a autorisé les entreprises privées à créer leurs propres Centres de Formation d’Apprentis (CFA). Ce mécanisme est une révolution pour ce secteur et se développe de plus en plus sur notre territoire. De nombreuses grandes marques se sont lancées dans l’aventure avec des résultats probants.

Les avantages pour les entreprises à opter pour ce système sont multiples. En premier lieu, l’adaptabilité des formations avec le système de fonctionnement de l’entreprise est entièrement maitrisée. Les apprentis apprennent un métier dans les conditions propres aux entreprises, garantissant à celle-ci une précision et un contrôle absolu des compétences enseignées, une adéquation parfaite entre la transmission de savoirs et les besoins internes.

Au-delà de la seule compétence technique, la culture d’entreprise est elle aussi transmise par ce biais. La formation devient un formidable outil de développement de la marque employeur à tous niveaux : pour l’apprenti qui se familiarise et embrasse la culture d’entreprise, et pour les formateurs qui grandissent à transmettre des valeurs fortes en plus des savoirs.

L’avenir semble radieux pour l’apprentissage en ce qu’il constitue selon nous une collusion d’intérêt motrice et vertueuse pour toute la société. Il mobilise en parallèle, les forces vives de la jeunesse dans un nouvel élan où les perspectives d’avenir semblent prometteuses. Les entreprises comprennent désormais tout l’avantage que ce type de formation peut leur apporter. Cependant, cette situation ne saurait cacher quelques inquiétudes quant aux aides de l’État qui permettent de soutenir la filière. Le montant de ces futures aides incitatives ne sera pas sans conséquences sur la pérennité du système : à suivre donc …

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.