Entre les 4 mètres par salarié et la bienveillance : une nouvelle façon de voir ses collègues ?

À force de vouloir la cohésion, le monde de l'entreprise a peut-être laissé de côté le besoin d'espace vital de chacun

Les obligations faites aux entreprises pour sortir du confinement et faire revenir leurs salariés imposent des règles drastiques. Parmi elles, l’espace par salarié qui doit être de 4 mètres au moins. À cela s’ajoutent des sens de circulation, un maximum de 2 personnes dans un ascenseur, entre autres. Comment dès lors, favoriser l’interaction entre des collègues qui ne se sont pas vus depuis au moins 2 mois ? À l’inverse, est-il possible de changer de point de vue en imaginant que cette distance imposée peut être un avantage ?

À force de vouloir la cohésion, le monde de l’entreprise a peut-être laissé de côté le besoin d’espace vital de chacun. En 2013, des chercheurs de l’University College London avaient démontré que celui-ci s’établit entre 20 et 40 cm, limite au-delà de laquelle l’être humain ressent une anxiété. Il est vrai que s’entretenir avec un collègue qui vous parle à 15 cm de la bouche n’a rien d’agréable pour personne. Mais entre 40 cm et 4 m… Il y a l’espace d’un éternuement malheureux. Ces deux distances nous rappellent simplement que chaque individu, parfois déjà compressé dans une rame de métro, a besoin d’air pour se sentir bien et apte à discuter et à travailler.

Ce degré de séparation pourrait justement devenir une façon différente de voir ses collègues. Plus loin, il s’agit de créer un nouvel environnement de travail et de communication qui respecte un espace vital plus large et réinventé. De là peut aussi surgir une forme de bienveillance face à des personnes dans la même situation d’isolement, au-delà de l’espace vital.