Céder son entreprise à ses salariés

Lorsqu’il s’agit de céder son entreprise, en cas de départ à la retraite par exemple, la très grande majorité des dirigeants se tourne vers leurs descendants ou envisage la transmission à des tiers...

Lorsqu’il s’agit de céder son entreprise, en cas de départ à la retraite par exemple, la très grande majorité des dirigeants se tourne vers leurs descendants ou envisage la transmission à des tiers (entreprises, grands groupes, fonds d’investissement, etc.).

Seuls 6% des dirigeants de TPE et PME choisissent de céder leur entreprise à un de leurs salariés, selon une enquête annuelle de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Ce chiffre est encore très timide lorsque l’on connaît la réticence de certains dirigeants de TPE et PME à céder l’entreprise qu’ils ont bien souvent créée, à un grand groupe qui ne connait pas la culture de celle-ci et n’en a que faire. En revanche, céder à un salarié qu’on a soit même formé peut rassurer sur la préservation de l’âme et du savoir-faire de cette société. Nathalie Carré, chargée de mission entrepreneuriat à la CCI France, interrogée par les Échos, insiste en revanche sur les écueils à éviter afin de réussir cette « filiation » : « le cédant doit impérativement avoir confiance en la personne à qui il remet les clefs de son entreprise (…) Un dirigeant ne doit pas pour autant rechercher son alter ego. Il doit pouvoir se dire que le repreneur ferait différemment et mieux que lui ».

La reprise est une étape clé de la vie de l’entreprise qui se prépare quelques années en amont, permettant à l’entreprise et plus spécifiquement au salarié repreneur de « prendre son indépendance », se dissociant ainsi de la personnalité de son dirigeant. « Plus une entreprise dépend de son patron, moins elle est vendable » rappelle Nathalie Carré. « Le cédant doit donc veiller à faire monter son personnel en compétence de sorte que sa présence ne soit plus indispensable ». Du côté du salarié repreneur, la reprise peut s’avérer délicate en termes de financement. Ce dernier doit pouvoir avancer de 25 à 30% du financement pour obtenir un emprunt de la part des banques. Différentes techniques peuvent être utilisées comme « Leverage management buy out » (LMBO) (financement de l’achat de la société cible par une holding et remboursement par la remontée de dividendes réalisés par la société rachetée). Nathalie Carré conseille aussi de solliciter des aides régionales, des prêts d’honneur ou encore Bpifrance.

Article Les Échos