Managers : remplacez vos accès de colère par un sentiment de compassion !

La colère et l’expression de la frustration sont-elles des émotions adaptées au monde du travail et opportune lors d’une erreur significative d’un subordonné ?

La colère et l’expression de la frustration sont-elles des émotions adaptées au monde du travail et opportune lors d’une erreur significative d’un subordonné ? Apparemment NON, elles seraient même contre-productives. La compassion serait ainsi la première qualité des managers vertueux.

Certes, l’apparition d’un sentiment de frustration en réaction à une erreur d’un collaborateur est une réaction humaine, la colère pouvant aider temporairement à soulager le stress causé par l’erreur d’autrui. Toutefois, ce vecteur d’expression n’est pas le plus indiqué. Une étude menée par le psychologue Jonathan Haidt montre que la compassion et la gentillesse des dirigeants génèrent l’admiration des employés pour ces derniers. L’auteur de l’enquête parle alors d’un état “d’élévation” du dirigeant, dont résulte une plus grande loyauté des employés à son égard.

A contrario, selon Adam Grant, professeur à la Wharton Busines School et auteur de “Donnant, donnant”[1] un employé trop durement blâmé par son dirigeant risque de perdre en loyauté et en productivité. James Doty, neurochirurgien de l’université de Stanford et directeur du Center of Compassion insiste sur l’effet négatif des mouvements de colère des managers et des dirigeants. Ces accès de colère, en plus de remettre en cause la confiance et la fidélité des employés, démultiplient aussi le niveau de stress et inhibent la créativité. “Les neurosciences nous montrent que lorsque les gens ont peur et sont angoissés, ils réagissent comme devant un danger, ce qui impacte leur contrôle cognitif et diminue à la fois leur productivité et leur créativité“. Propos confirmés par Adam Grant “lorsque vous êtes furieux, frustré et que vous le montrez, votre employé sera moins susceptible de prendre des risques à l’avenir parce qu’il ou elle s’inquiètera des répercussions négatives d’erreurs éventuelles. Autrement dit, en agissant ainsi, vous étouffez toute velléité d’expérimentation, pourtant essentielle à l’apprentissage et à l’innovation.

James Doty donne aux lecteurs du Harvard Business Review des conseils pratiques à mettre en place afin d’éviter un accès de colère au travail. Si la reprise de contrôle sur les émotions et la compassion vous apparaissent bien utopique en situation de stress, rappelez-vous que des études démontrent que le pardon rend plus heureux et plus satisfait dans la vie et qu’il diminue de façon significative le stress et les émotions négatives … à méditer …

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[1] Lien vers ouvrage Donnant-donnant