Le paradoxe du recrutement dans le numérique et les datacenters

Le numérique vit un étrange paradoxe. Il fait partie des secteurs les plus porteurs pour l’emploi, mais c’est aussi celui qui est parmi les plus menacés par l’automatisation des tâches.

Le numérique vit un étrange paradoxe. Il fait partie des secteurs les plus porteurs pour l’emploi, mais c’est aussi celui qui est parmi les plus menacés par l’automatisation des tâches. Il est aussi décrié par sa consommation élevée d’électricité et par la chaleur qu’il produit.

Si bien que, dans les datacenters notamment, les recruteurs manquent d’ingénieurs spécialisés, mais ils ne recrutent pas massivement pour autant. Par exemple, dans ce qui sera le plus grand datacenter de France à La Courneuve en Seine-Saint-Denis (ce département est d’ailleurs celui qui en compte le plus sur tout le territoire) : malgré ses 40 000 m2 prévus à la fin de sa construction, le site n’emploiera directement « que » 100 à 120 personnes. Les emplois indirects, par les sous-traitants, représenteraient néanmoins jusqu’à 400 personnes. 

Les datacenters souffrent aussi d’un déficit de séduction par rapport aux autres entreprises IT. Beaucoup d’ingénieurs préfèrent éviter les lieux qui sont surtout des centres informatiques et s’engager auprès d’entreprises à la réputation plus “cool”. Ils sont aussi nombreux à vouloir intégrer une entreprise plus responsable. Cependant, les datacenters évoluent aussi. Ils cherchent notamment des solutions pour consommer moins d’énergie, redistribuer la chaleur produite, ou même trouver des sources d’énergie propres. C’est le cas par exemple de Datafarm, entreprise fondée en 2019, qui conçoit des datacenters alimentés par la méthanisation à partir des vaches pâturant dans les prés situés aux alentours. La chaleur produite sert ensuite au séchage des fourrages.