La diversité en entreprise, le Graal absolu ?

L’ADN ouvre un débat sur un sujet passionnant mais politiquement incorrect : la diversité en entreprise est-elle une si bonne idée ?

L’ADN ouvre un débat sur un sujet passionnant mais politiquement incorrect: la diversité en entreprise est-elle une si bonne idée ?

En termes de recrutement, les termes “diversité”, “soft skills” “parcours atypiques” sont particulièrement à la mode, dans l’air du temps. L’entreprise “idéale” est désormais un lieu de diversité où la personnalité des employés et leurs soft skills sont extrêmement valorisées, parfois même avant leur formation et leurs compétences. En théorie, cette orientation apparait comme vertueuse et concrètement efficace. Ainsi, une étude publiée dans Entrepreneurship Theory and Practice nous confirmant même que les profils différents ont tendance à s’enrichir réciproquement. Par ailleurs, une étude parue dans le Strategic Management Journal nous apprend que les groupes ayant la plus grande diversité de nationalités déposent plus de brevets.

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Mais selon Cyril Bouquet, Professeur de Stratégie à l’IMD de Lausanne, pour que l’entreprise réussisse, ces équipes, aussi diverses soient-elles, doivent avoir un objectif commun. Il en témoigne, “trop souvent, j’ai vu des entreprises créer des équipes sur commande, avec en tête une sorte « d’algorithme de la diversité » censé provoquer ou forcer un choc de points de vue entre fonctions, divisions et pays. Cela ne fonctionne pas“. Éric Camel, CEO de l’agence Angie le confirme “varier les profils si une boîte est trop blanche ou trop masculine, c’est intéressant. Il y a des diversités qui méritent d’être exprimées” mais sans oublier d’y ajouter un filtre commun, un objectif unique afin que la culture d’entreprise puisse prendre. Pour ce chef d’entreprise la formation est toujours un facteur primordial car au-delà des compétences, elle transmet elle aussi des soft skills, le cursus scolaire étant très souvent pour lui “un bon indicateur des valeurs, de la culture et du tempérament d’un candidat“. Le sociologue Fabrice Nadjari insiste lui aussi sur les comportements qui pour le bon fonctionnement de l’entreprise sont attendus des employés, au-delà de leurs compétences.

L’Observatoire OCM estime que le débat mérite d’être posé. En effet, s’il est absolument nécessaire de sortir de l’endogamie et du recrutement de clones, l’objectif initialement louable des politiques RH vers plus de diversité semble désormais, et dans certaines entreprises seulement, galvaudé et vidé de sa substance. La diversité à tout prix au détriment des compétences, de valeurs communes est une ineptie. Une équipe de travail doit également se rassembler autour d’une communauté de valeurs et un objectif qui fasse sens pour tous. 

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