Intérim : quel horizon face à la perte de 75 % des missions en mars ?

Derrière toutes les situations visibles (bars, restaurants, commerces non essentiels), les intérimaires et les agences d’intérim sont aussi durement touchés

Les conséquences économiques du Covid-19 et du confinement n’ont pas tardé à se faire sentir. Les secteurs concernés en premier lieu par la fermeture (bars, restaurants, commerces non essentiels) sont touchés directement par l’absence de chiffre d’affaires. Des groupes, notamment automobiles, ont ensuite pris la décision de fermer leurs usines pour éviter la propagation du virus.

Derrière toutes ces situations visibles, les intérimaires et les agences d’intérim sont aussi durement touchés. En l’espace de 15 jours en mars, le secteur a perdu 75 % de ses missions. Selon les métiers, ce chiffre varie de 60 à 90 %. D’après Prism’Emploi, la fédération qui regroupe les professionnels du secteur, ce sont 550 000 emplois qui seront perdus à la fin du mois.

En parallèle, l’intérim connaît une augmentation des missions dans la logistique, la grande distribution et l’agroalimentaire, soit les trois secteurs qui voient aujourd’hui une hausse de leur activité.

Lors de la crise financière de 2008, l’intérim a aussi été frappé de plein fouet par la baisse des emplois, en premier lieu dans le bâtiment et l’automobile. Mais à l’époque, l’affaissement se maintenait autour de 15 à 20 %. Si la déflagration s’avère aujourd’hui bien plus importante, les causes sont différentes. À cette période, des secteurs résistaient aussi fortement : le tertiaire, les services à la personne, l’industrie. Il faut donc espérer qu’à l’issue de cette crise exceptionnelle, l’activité reprenne rapidement. Comme l’expliquait le délégué général de Prism’emploi dans Libération en octobre 2008 : « Dans l’intérim, on est les premiers à baisser, mais aussi les premiers à remonter. »