La fabrique nomade

Ils ont fui la guerre, les persécutions, la misère pour venir se réfugier en France, laissant derrière eux leur vie et, entre autres, leurs métiers de toujours.

Ils ont fui la guerre, les persécutions, la misère pour venir se réfugier en France, laissant derrière eux leur vie et, entre autres, leurs métiers de toujours. Depuis 2016, l’association “La fabrique NOMADE” œuvre à valoriser et favoriser l’insertion professionnelle des artisans migrants et réfugiés en France et de renouer ainsi avec leur profession. 

L’idée de La fabrique NOMADE a germé dans l’esprit d’Inès Mesmar, sa fondatrice, lorsqu’elle apprend que sa propre mère, avant d’immigrer en France, exerçait le métier de brodeuse dans la médina de Tunis. Au fil de ses recherches, elle prend conscience qu’un nombre très important de personnes ont dû renier une partie d’elle-même, étouffer leur passion et leur art en quittant leur pays impliquant une perte de leur savoir-faire :” Kim, brodeuse au Vietnam, caissière en France ; Ali, menuisier afghan, agent d’entretien en France ; Shammim, brodeur au Bangladesh, pizzaiolo en France et tant d’autres…”. La violence de la migration lui saute alors aux yeux. 

L’opacité du système administratif Français, de la barrière de la langue, l’absence de réseaux, la non-reconnaissance de leurs qualifications sont autant de freins à l’insertion professionnelle de nombreux hommes et de femmes artisans dans leur pays d’origine. Ces derniers se voient contraints d’abandonner leurs compétences pour s’orienter vers des métiers dits “en tension”. La Fabrique NOMADE promeut un modèle d’intégration intégrant les compétences et le savoir-faire des personnes afin d’envisager les possibilités de transferts dans le contexte économique et culturel français.

Le journal La Croix (via son édition du Pèlerin) nous parle de Jaffar, jeune afghan de 24 ans qui à son arrivée en France pensait avec tristesse devoir laisser son métier de menuisier derrière lui, mais qui grâce à l’association va pouvoir de nouveau exercer sa passion. Une boutique-atelier à Paris accueille ces artisans venus des quatre coins du globe, leur permettant de valoriser leurs compétences tout en leur offrant une belle visibilité. Bien que l’aventure soit longue et exigeante, elle est souvent couronnée de succès, tous les artisans de la première session 2017 ayant trouvé un emploi.

Notre travail permet aux artisans de reprendre leur métier, trouver leur juste place dans la société et donner surtout un nouveau sens à leur vie après l’exil“.

Article La Croix

Site web lafabriquenomade.com