L’apprentissage a changé d’image

Ce qui a longtemps été considéré, à tort, comme une voie de garage, semble aujourd’hui devenir une solution enviable.

Ce qui a longtemps été considéré, à tort, comme une voie de garage, semble aujourd’hui devenir une solution enviable. L’apprentissage a en effet battu des records en 2019 avec plus de 485 000 apprentis en entreprises, soit 50 700 en plus par rapport à l’année dernière. Une hausse qui poursuit celle de 2018, laquelle avait déjà vu les compteurs s’affoler.

Comment expliquer cette bonne santé ? Avant tout, bien sûr, par des politiques publiques volontaristes pour donner une meilleure image de l’apprentissage, notamment avec la réforme de la formation professionnelle en 2018. Mais ce n’est pas la seule raison. En effet, pendant des décennies les métiers intellectuels et scientifiques, autrement dit ceux prenant la voie générale, ont été valorisés, laissant la voie professionnelle à des élèves moins doués. Lesquels étaient alors mis dans une case, celle de l’échec.

Or, en raison notamment du chômage dans certaines filières intellectuelles, le travail manuel et l’artisanat ont retrouvé leurs lettres de noblesse dans l’opinion publique. D’autant plus qu’ils sont un excellent moyen de communiquer autour des savoir-faire français.

Après la 3ème, la hausse de l’apprentissage se voit aussi avec une augmentation de 8 % par rapport à l’année dernière. Et tous les niveaux connaissent ce regain d’intérêt. Le BTP est le secteur qui a le plus attiré les jeunes en 2019, avec une hausse de 13 %, suivi de l’industrie (11%) et de l’artisanat (3 %). Et toutes les activités voient leur courbe d’inscription s’élever. Il faut aussi y ajouter les entreprises elles-mêmes qui peuvent désormais ouvrir leur propre centre de formation.