Le “ghosting” ou comment les candidats ne donnent plus de nouvelles non plus

Le "on vous rappellera", qui sonnait comme une sanction définitive, a ainsi laissé sa place au terme "ghosting" de la part des recruteurs et aussi chez les candidats, un phénomène assez nouveau.

Ne plus donner de nouvelles du jour au lendemain. Voilà un comportement que l’on pensait réservé aux amours qui ne durent pas. Mais le phénomène s’est aussi emparé du milieu du travail, comme une enquête récente de Welcome The Jungle le souligne. Et pire : dans les deux sens. Les recruteurs se plaignent aujourd’hui de ne pas avoir de nouvelles de candidats dont ils avaient pourtant apprécié le profil. 

Le “on vous rappellera”, qui sonnait comme une sanction définitive, a ainsi laissé sa place au terme “ghosting” de la part des recruteurs et aussi chez les candidats, un phénomène assez nouveau.  Certains d’entre eux estiment que c’est un juste retour des choses alors que, pendant des décennies, les employeurs ont fait peu de cas des candidats. Ce retour de bâton peut aussi s’expliquer par les applications, les jobboards, et les nombreuses sollicitations qui semblent lasser insidieusement, quitte à en faire oublier la politesse. Les profils experts particulièrement recherchés, notamment dans le domaine de l’IT, n’ont plus vraiment besoin de briguer un poste, tout vient à eux. Ils n’ont plus le temps ou l’envie de répondre, même après un entretien qui s’est bien déroulé. Chez d’autres postulants, ce silence radio signifie que le poste ne leur convient tout simplement pas ou que le processus de recrutement n’a que trop duré. Il y a deux ans, le journal Les Échos montrait que le phénomène se vérifiait aussi, de plus en plus, chez les cadres, portés par le dynamisme actuel de leur statut.