Les métiers de service prouvent leur caractère essentiel

La plus grande crise sanitaire contemporaine a un mérite : prouver à quel point ce sont les métiers de service qui empêchent les pays tels que la France d'être totalement à l'arrêt

La plus grande crise sanitaire contemporaine a un mérite : prouver à quel point ce sont les métiers de service, souvent les moins bien payés, qui empêchent les pays tels que la France d’être totalement à l’arrêt. Le personnel soignant et aidant, les hôtesses et hôtes de caisse, les chauffeurs routiers, les livreurs, les éboueurs…

Rétrospectivement, le retour de boomerang se montre particulièrement ironique. Depuis des mois, voire des années, le personnel des hôpitaux ne cesse d’alerter sur le manque de moyens et la crainte d’une crise grave. Le groupe Casino, pour les fêtes de fin d’année 2019, avait ouvert, dans la polémique, une centaine de ses magasins le 25 décembre et le 1er janvier en l’absence de cassier(ère)s, remplacés par des caisses automatiques. Les grèves des éboueurs s’étaient dans le même temps multipliées dans les grandes métropoles, contre la réforme des retraites et pour une revalorisation de leur salaire.

Que ferait-on sans tous ces travailleurs ? En première ligne, autrement dit hors du confinement qui les protégerait comme le reste de la population, ils poursuivent leur mission de service avec un risque de contagion impossible à mesurer. Selon les lieux, les protections sont plus ou moins optimales, d’un hôpital à un autre, d’un supermarché à un autre. Et que dire des chauffeurs routiers, la première barrière contre les pénuries, qui ne peuvent plus bénéficier des sanitaires sur les autoroutes ? Les leçons de cette période exceptionnelle seront nombreuses, à commencer par la considération et le respect que nous leur devons. Et celle de leur rémunération sera évidemment fondamentale.