Un “New deal du pacte social” dans les entreprises pour contrer la crise ?

À la fin du chômage partiel sous perfusion, qui concerne un salarié sur deux, que se passera-t-il ? Pour répondre à cette interrogation, il prône un « New deal du pacte social » soit des changements profonds dans l'entreprise afin de limiter la perte d'emplois

Raymond Soubie, expert en gestion des ressources humaines et en politique sociale, a exprimé ses inquiétudes sur BFM Business lors du déconfinement. Cette phase remet bien sûr la question économique à la Une de l’actualité, ainsi que l’incertitude quant à la situation des entreprises.

À la fin du chômage partiel sous perfusion, qui concerne un salarié sur deux, que se passera-t-il ? Pour répondre à cette interrogation, il prône un « New deal du pacte social » soit des changements profonds dans l’entreprise afin de limiter la perte d’emplois. Cela signifie qu’autant du côté des entreprises – qui auront tenu le choc par une trésorerie encore solide -, que des collaborateurs, les sacrifices seront indispensables en matière de temps de travail et de rémunération. Mais à quelle échelle et sur quelles bases ? C’est bien là toute la question alors que les salariés ne sont pas prêts à tous les sacrifices et que les accords au sein des entreprises ne sont pas gagnés par avance.

De plus, les effets de la crise n’ont pas attendu pour se faire sentir : l’aéronautique est à l’arrêt quasi total depuis le mois de mars, les entreprises automobiles ont elles aussi souffert directement du confinement, et c’est toute la filière des sous-traitants qui boit la tasse. Les fournisseurs, la maintenance : des centaines et des milliers d’emplois sont chaque jour menacés. Et cela, bien souvent dans des départements où l’industrie est l’employeur le plus important.

À la rentrée de septembre, les conséquences sur l’emploi commenceront à être visibles. Tous les secteurs ne paieront pas la facture de la même façon et d’autres s’en sortiront, notamment ceux qui ont pris le virage numérique il y a déjà bien longtemps. Ce qui, dans la production pure, reste un rêve inaccessible (ou alors à quel prix ?).