L’open space : le revers de la médaille

La fin du bureau fermé a signé pour de nombreuses entreprises le début d’une nouvelle ère : soi-disant, celle de la convivialité, du partage et de la communication. Une formule gagnante sur le papier, mais qui cache une réalité bien moins glorieuse…

Le décloisonnement des bureaux est une tendance toute droit venue des États-Unis. Travailler en “open space” revient à repenser totalement l’aménagement des bureaux, pour faire tomber les barrières, au sens propre et au sens figuré. La fin du bureau fermé a signé pour de nombreuses entreprises le début d’une nouvelle ère : soi-disant, celle de la convivialité, du partage et de la communication. Une formule gagnante sur le papier, mais qui cache une réalité bien moins glorieuse…

Le bien-être au travail est le grand perdant

Du côté des employeurs, l’open space a tout pour séduire. Il permet de gagner des mètres carrés, de faire des économies sur les travaux et d’augmenter la productivité des collaborateurs, en facilitant les échanges d’information. Pour les salariés, c’est l’émulation professionnelle qui est mise en avant : en travaillant tous ensemble, la cohésion est plus forte.

Mais il faut regarder au-delà des apparences. En faisant tomber les cloisons, l’intimité a disparu, tout comme l’autonomie. Il y a également une certaine appréhension à se sentir “épié” en permanence par la hiérarchie. Les nuisances sonores sont aussi régulièrement citées comme un frein à la concentration. Autant d’éléments qui font grimper le stress des salariés.

Une étude montre que les employés se parlent finalement moins

Les interactions sont censées être plus fluides en open space. Deux professeurs de l’Université d’Harvard ont décidé de vérifier le bien-fondé de ce constat, en menant une étude au sein de deux grandes entreprises en transition vers ce type d’espace de travail.

Ils ont ainsi équipé certains salariés de capteurs sur le torse, afin d’enregistrer les temps de conversation et leur intensité. Parallèlement, les échanges par mail ont également été recensés. Contre toute attente, en étant dans la même pièce, les interactions verbales des employés ont baissé de 70%. À l’inverse, les conversations par mail et par messagerie instantanée ont respectivement augmenté de 56 et 67%.

Considéré comme une nouvelle organisation du travail plus moderne et plus collaborative, l’open space a ses détracteurs. Et à raison : la fluidité des communications se heurte finalement au manque d’intimité, de confidentialité et de discrétion, obligeant les salariés à privilégier d’autres moyens de communication…virtuels ! Retour à la case départ…