Faut-il repenser les horaires de travail dans certains secteurs ?

Le besoin de flexibilité et les nouveaux modes de travail entraînent un questionnement sur ces sacro-saints horaires

Les heures de bureau sont quasiment sanctuarisées dans les entreprises françaises. De 9h à 18h pour la plupart. Quand, dans certaines, ceux qui partent à 18h sont parfois regardés comme s’ils prenaient leur après-midi. Face au présentéisme et aux règles établies, d’autres temporalités sont possibles. Car le besoin de flexibilité et les nouveaux modes de travail entraînent un questionnement sur ces sacro-saints horaires.

L’idée n’est pas nouvelle. Des entreprises du numérique principalement, comme Dropbox aux États-Unis ou encore Dell, ont mis en place un fonctionnement différent depuis quelques années. Les salariés peuvent choisir leurs horaires et même prendre des vacances à leur guise. Et cela, à condition de remplir leurs objectifs et de terminer leurs dossiers. Autant dire que cela peut rapidement limiter les envies d’évasion.

Mais ce serait vite oublier que beaucoup de professionnels ont des horaires atypiques plus ou moins officiels qui les obligent à travailler aussi en dehors. C’est le cas des agriculteurs, des chefs d’entreprise, et des non-salariés d’une manière générale. La France fait d’ailleurs partie des 3 pays, avec l’Autriche et la Belgique, où cette catégorie d’actifs travaille le plus. Selon le Tableau de l’économie française 2020 de l’INSEE, les cadres et les professions intellectuelles supérieures sont par exemple 34 % à travailler le soir chez eux ( à 41 %), en plus de leur journée.

Si le télétravail devient, par la force des choses, un mode de travail populaire, il devra sans doute cohabiter avec des horaires plus flexibles au bureau. Mais de là à ce que les entreprises lâchent toutes la bride de leurs salariés pour les laisser choisir leurs horaires … il y a encore un monde.