La Responsabilité Sociétale des Entreprises, une mise en oeuvre difficile

Dans une démarche sincère ou dictée par des velléités marketing, les entreprises cherchent à améliorer leur impact environnemental et sociétal.

Dans une démarche sincère ou dictée par des velléités marketing, les entreprises cherchent à améliorer leur impact environnemental et sociétal. Ceci n’est pas nouveau. Cette mouvance a pris un tournant décisif avec la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) inséré dans le projet de loi PACTE. Plus seulement limitées à l’impact écologique, « les dirigeants considèrent pour la plupart que la RSE est un levier stratégique pour la réussite et la pérennité de leur entreprise, mais admettent volontiers qu’ils ne savent pas l’implémenter et l’ancrer au sein de la culture organisationnelle » comme le confit Constant Calvo, fondateur et directeur associé d’Adhere-RH, dans une interview aux Echos.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de compenser l’empreinte carbone des entreprises, mais aussi de « traduire les principes éthiques et de développement durable directement dans la stratégie d’entreprise » et force est de constater que les entreprises ont du mal à suivre. Il existe certes de grands groupes pleinement impliqués dans une démarche de RSE. À ce titre, Mastercard s’engage depuis 2006 dans l’éducation et l’inclusion financières des jeunes dans les pays en développement, entre autres grâce au programme de bourses scolaires ou encore par l’aide à l’entrepreneuriat et à l’emploi des jeunes. Carrefour œuvre également via son programme « Act for Food » et ses onze actions ciblées et mesurables telles que « bannir 100 substances controversées », « généraliser la blockchain aux filières qualité », « doubler la gamme de produits végétariens en 2019 », etc. Dans un tout autre marché, l’enseigne britannique Lush a fait « de l’éthique sa marque de fabrique », s’engageant sur l’origine des matières premières, les conditions de vie des salariés, la situation économique de leur lieu de résidence, etc. 

Toutefois, ces cas semblent relativement isolés et la RSE n’a pas réussi à ce jour à convaincre la grande majorité des dirigeants comme l’affirme Constant Calvo : « Pour beaucoup de dirigeants, la RSE est un continent quasi inconnu. On a beau leur affirmer que la RSE n’est pas un nouveau modèle de gestion, encore moins un simple outil, ni encore un dossier à traiter parmi d’autres, mais un modèle économique performant, une nouvelle façon d’aborder la pratique des affaires (…). Il s’agit de leur démontrer que la RSE n’est pas une dépense mais un investissement ». En plus des dirigeants d’entreprises, il conviendra également de convaincre les politiques. Lors des récentes discussions sur la loi Pacte, le Senat a rejeté, jeudi 7 février, l’article sur la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux par les entreprises ; cette nouvelle obligation ayant été jugée irréaliste pour les TPE et les PME.

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Article de l’ADN 

Article Les Echos