Le syndrome de l’hubris, un phénomène d’hypertrophie de l’ego

Le syndrome de l’hubris décrit une personne avec un ego démesuré, dont la perception de la réalité n’est plus exacte. Il se manifeste généralement lors de l’acquisition de pouvoir.

Le syndrome de l’hubris décrit une personne avec un ego démesuré, dont la perception de la réalité n’est plus exacte. Il se manifeste généralement lors de l’acquisition de pouvoir. Le risque de s’isoler dans une bulle toute puissante et de perdre le contact avec ses collègues, les clients ou plus globalement l’entreprise devient réel. D’autre part, ce phénomène peut être accentué par le comportement de l’entourage, qui peut favoriser l’installation de ce trouble en profondeur ainsi que le sentiment de surpuissance qui va de pair.

Un phénomène que l’on retrouve depuis la mythologie grecque

Dans la mythologie grecque, l’hubris représente ce qui entraîne la colère des dieux. Il reflète ainsi la démesure, l’ambition trop poussée, la confiance en soi ou la soif de pouvoir d’une personne. Dans le monde de l’entreprise, cette idée renvoie à des comportements individualistes et à un vertige que peut, dans certains cas, provoquer le succès.

On retrouve également la volonté exacerbée d’accomplir de grandes choses. Bien que cela puisse refléter une motivation positive sur le plan professionnel, les conséquences sont parfois catastrophiques sur le plan humain, notamment lorsque l’on travaille en équipe. En effet, dans ce cas précis, l’hubris peut faire des ravages puisqu’il met au premier plan l’individu et le narcissisme et non plus le collectif et l’empathie. Ce phénomène ne laisse également pas la place au dialogue et à la critique puisque la remise en question de la personne concernée devient tout simplement impossible.

Comment éviter de sombrer dans l’hubris ?

L’hubris donne un sentiment d’invincibilité qui peut conduire dans les pires cas à de la corruption, de l’abus de bien social, du vol ou encore de la maltraitance. Pour éviter d’en arriver là, la Harvard Business Review donne des conseils. Il s’agit de privilégier le bon sens et de dompter par la même occasion un ego qui devient destructeur. Il est notamment recommandé de mettre en avant les avantages liés à la position de leader qui sont réellement nécessaires à l’efficacité des tâches au travail. S’entourer de collègues qui n’ont pas peur d’exprimer leur désaccord et remercier ceux qui contribuent au bon fonctionnement de l’entreprise est également une clé pour garder la tête froide et ne pas se laisser dépasser par la sensation de surpuissance. Tous les dirigeants d’une entreprise ne développent pas inéluctablement le syndrome d’hubris – heureusement. Certains individus y sont davantage sensibles que d’autres. Semblable à une addiction, une drogue, ce phénomène provoque un effet grisant qui peut s’avérer destructeur. L’une des pistes pour lutter efficacement consiste à s’entourer d’un environnement critique.

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