Vendredi Lecture|Réinventer le salariat

“Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur”

Paru aux éditions Eyrolles en 2017, le livre de Denis Pennel “Travail, la soif de liberté : comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail” interroge les nouvelles manières d’exercer son activité professionnelle et l’aspiration des travailleurs du XXIe siècle à plus d’autonomie et de liberté. 

Denis Pennel est directeur général de la World Employment Confederation. Expert du monde du travail, il questionne les nouvelles pratiques professionnelles et propose des réformes articulant besoin de sécurité et liberté personnelle. Dans “Travail, la soif de liberté : comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail”, il dresse le bilan de l’histoire du salariat. Selon lui, l’individu a toujours cherché à acquérir le plus de droits possibles. Si le salariat fut le grand progrès du Xxe siècle, celui du XXIe siècle sera l’indépendance. “Après l’esclavage, le servage, l’artisanat et le salariat, le travail entre dans un nouvel âge”, note-t-il. 

En effet, le salariat n’est plus le modèle adéquat pour notre société. Conçu pour l’économie de masse et les tâches industrielles, ce dernier est mené à mal. Le CDI, toujours vu comme le saint Graal, se raréfie. Le cadre rigide qu’il instaure ne va pas de pair avec la volonté des nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi à plus d’autonomie et d’initiative personnelle. “Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur”, détaille Denis Pennel dans son ouvrage. Mais il reste le seul contrat offrant une protection sociale satisfaisante et permettant de se soigner, de se loger et d’élever ses enfants avec sérénité.  Comment réinventer, donc, le travailleur de demain ? Pour Denis Pennel, l’avenir sera fait de progrès si les mentalités parviennent à évoluer. Les robots soulageront l’homme des tâches les plus rudimentaires, de nouveaux espaces de socialisation verront le jour et l’autonomie augmentera l’esprit d’initiative. Mais pour que cette liberté n’aille pas de pair avec la précarité, le système doit être repensé : un code du travail revu, des protections sociales réinventées… Tout un programme pour “libérer le travail” et permettre à chacun d’exprimer son potentiel. Au boulot !