Comment ne pas avoir peur de Parcoursup

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Comment ne pas avoir peur de Parcoursup

16 mars 2022

La phase d'inscription sur la plateforme Parcoursup se termine le 29 mars 2022…Pour la rentrée 2022, les prévisions du SIES (Syndicat Indépendant de l'Enseignement du Second degré) font état de presque 3 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur[1]. À cette période de l’année, les acteurs de l’enseignement se trouvent confrontés à la question de l’orientation post Bac. Parents, lycéens, enseignants, chacun appréhende cette question avec des éléments de connaissance variables. 

Dans l’environnement contrarié que nous connaissions, les évolutions de l’enseignement supérieur peuvent apparaître anxiogènes : changement d’intitulé de formation, nouveau diplôme, nouvelles « écoles ». Par le fait des différentes réformes du lycée et des évolutions du secteur de l’enseignement supérieur, l’enjeu de son choix d’études après le bac revêt la forme d’une course d’obstacles. 

Dans ces conditions, qu’elles sont les questions à se poser, quelle grille de lecture adopter pour ajuster de la manière la plus pertinente l’orientation d’un lycéen ?

Quelle est la nature de l’établissement de formation

De manière synthétique, l’enseignement supérieur en France se répartie entre quatre types d’acteurs :

  • Les établissements publics :

Il s’agit de l’ensemble des établissements scolaires rattachés au ministère de l’Éducation nationale. La France compte plus de 3 500 établissements d’enseignement supérieur publics ou privés. Universités, grandes écoles ou encore écoles d’art ou d’architecture.[2] Les candidats s’inscrivent dans une perspective – a minima - de 3 années d’études supérieures pour valider un diplôme universitaire.

Depuis la rentrée 2021-2022, les diplômes universitaires technologiques (DUT) ont été remplacés par les bachelors universitaires de technologie (BUT préparés en 3 ans dans les instituts universitaires de technologie (IUT).[3]

Les établissements publics délivrent le diplôme national de Master en Bac +5.

  • Les Grandes Écoles :

Les Grandes Écoles françaises proposent des formations dans différents secteurs : ingénieur, management, architecture, design, institut d’études politique. Crée en 1973, la Conférence des Grandes Écoles regroupe 227 Grandes Écoles reconnues par l’État. Elles sont habilitées pour délivrer un Grade de licence ou un Bachelor visé par le ministère de l’Enseignement supérieur en Bac+3 et un diplôme de Grade Master en Bac+5.

On compte actuellement une cinquantaine d'écoles d'ingénieurs et une soixantaine d'écoles de commerce privées pour lesquelles :

  • Le ministère a accrédité ou visé les diplômes
  • ont obtenu la reconnaissance par l'État
  • Les diplômes sont considérés comme apportant un concours utile au service public de l'enseignement supérieur

Certaines écoles d'ingénieurs sont centenaires, fruit d'initiatives familiales ; d'autres sont plus récentes, mais se sont rapidement imposées grâce à leur rattachement à un établissement public. Plusieurs écoles possèdent des laboratoires de recherches reconnus par le C.N.R.S.[4]

  • Les établissements privés sous contrat d’état

Les établissements privés d'enseignement supérieur libres

Au nombre de 13 dont 5 instituts catholiques, Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse. Ils dispensent un enseignement à caractère généraliste. Ils ne peuvent délivrer de diplômes nationaux, mais peuvent coopérer avec des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et permettre à leurs étudiants de passer les examens d'obtention d'un diplôme national. L'enseignement y est dispensé selon les règles et programmes de l'Éducation nationale. En contrepartie, ces établissements perçoivent de l'État des subventions de fonctionnement et leurs enseignants sont rémunérés par l'Éducation nationale. Un établissement privé est reconnu à la suite d'une enquête ministérielle qui porte notamment sur son fonctionnement et son personnel d'encadrement. Il doit respecter les programmes du ministère de l'Éducation Nationale, les horaires et les normes d'effectifs.

  • Les établissements privés hors contrat

L'établissement scolaire privé hors contrat est un établissement qui n'a pas signé d'accord avec l'État. Cet établissement doit cependant déclarer son ouverture au recteur de l'académie où il s'installe.

Dans son organisation pédagogique, l'établissement scolaire privé hors contrat n'est pas obligé de suivre les programmes, ni de respecter les horaires de l'enseignement public. L'État ne prend pas en charge la rémunération des enseignants. C'est l'établissement qui recrute les formateurs et les rémunère.

L'inscription se fait directement auprès de l'établissement choisi.

Les dates et les modalités d'inscription peuvent varier d'un établissement d'enseignement privé à l'autre. Il est nécessaire de se renseigner directement auprès de l'établissement.

Quelle différence entre un diplôme et un titre ?

L'État est le seul habilité à délivrer diplômes et grades universitaires : les diplômes délivrés par les écoles privées n'ont pas de valeur officielle sauf s'ils sont reconnus par l'État. La réglementation des examens se fait à l'échelle nationale. Les grades universitaires sont en France au nombre de quatre : le baccalauréat, la licence, le master et le doctorat.

Des diplômes de l’enseignement supérieur, notamment privé ou consulaire, peuvent obtenir un « visa » de l'État.

Quelle que soit la nature de l’établissement, il est possible de trouver des titres RNCP qui valident les crédits académiques (appelés crédits ECTS).

Le Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP) liste toutes les formations et tous les titres certifiés par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle (CNCP). Un titre certifié permet à son titulaire de prouver les compétences, aptitudes et connaissances nécessaires à l’exercice d’un métier ou d’une activité relevant d’un domaine professionnel. Tous les titres inscrits au RNCP sont accessibles par la voie de la formation initiale ou continue, et via la validation des acquis de l’expérience (VAE).

Les stratégies d’orientation

L’évolution de l’enseignement supérieur contraint les lycéens à établir des stratégies de candidatures.

Afin d’alimenter son projet d’orientation dans l’enseignement supérieur, les candidats doivent se poser une question simple : est-ce que je sais ce que je veux faire ou est-ce que j’ai besoin de temps pour parfaire mon projet ?

Le choix de la formation à suivre est alors fléché par l’intitulé même de la formation.

On distingue deux types d’orientation possibles :

  • L’orientation « tête d’épingle. Dans ce cas le lycéen sait où il veut : travailler dans le tourisme, dans l’immobilier, il veut être enseignant, ingénieur en informatique… donc le lycéen doit intégrer une formation dont l’intitulé correspond au sein d’un établissement public, sous contrat ou hors contrat.
  • L’orientation pyramide : le lycéen est attiré par le domaine de sciences humaines, des lettres, ou du commerce en général. Les candidats vont s’orienter vers des filières à l’intitulé plus généraliste. L’étudiant affinera son projet en Bac +4 / Bac +5.

En résumé :

Dans le but d’alimenter la réflexion sur l’orientation, les lycéens doivent se poser 3 questions majeures pour construire leur projet d’orientation :

  • Quelle est la nature de l’établissement dans lequel je veux postuler : public, privé sous contrat, privé hors contrat, Grandes Écoles ?
  • Au sein de cette structure, est-ce qu’il s’agit d’un titre ou d’un diplôme ?
  • Est-ce que je sais ce que je veux faire, ou bien, est-ce que je m’oriente « pyramide » pour construire mon projet en Bac+3 / Bac+5

Si émettre des réserves sur le fonctionnement de la plateforme Parcoursup est un réflexe spontané, nous encourageons les candidats à l’appréhender comme un simple outil. À ce titre, il est nécessaire de respecter les bonnes conditions d’utilisation : respect du calendrier, utilisation des informations sur le site : fiches formations, critères de classement et taux de pression.[5]


[1] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/documents/NF_synthese_effectifs_etudiants_2020-2021_1416538.pdf

[2] Repères et références statistiques 2021 ; 02-17 - Education ...

[3] Formations et diplômes niveau Bac + 2 | service-public.fr

[4] https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/les-etablissements-d-enseignement-superieur-prives-46348

[5] https://www.onisep.fr/Choisir-mes-etudes/Apres-le-bac/Le-schema-des-etudes-apres-le-bac