Climat et égalité professionnelle : avis de tempête pour les femmes

Les meilleurs météorologistes ne l’avaient pas anticipé et pourtant c’est une énorme dépression qui guette les femmes si les plans d’action en faveur du climat dans le pipe ne deviennent pas plus paritaires.

Les meilleurs météorologistes ne l’avaient pas anticipé et pourtant c’est une énorme dépression qui guette les femmes si les plans d’action en faveur du climat dans le pipe ne deviennent pas plus paritaires. Explications.

La future carte météo des emplois de l’économie verte à dominante masculine

Dans son étude Why Climate Action Needs a Gender Focus le Boston Consulting Group (BCG) est on ne peut plus clair : d’ici 2030, les femmes n’occuperont que 25% des 67 millions de nouveaux emplois green générés par les plans d’action en faveur du climat. Une goutte d’eau en somme ! « Si rien ne change, à ce rythme, la proportion de femmes dans la population active mondiale pourrait chuter, les laissant occuper une part grandissante des métiers précaires et peu qualifiés. D’ici 2030, cela se traduirait par une baisse de trois points de pourcentage de leur participation à l’économie mondiale », soulignent même les auteurs de l’étude.

Comment éviter que les femmes ne soient doublement pénalisées par le réchauffement climatique ?

  • De nombreuses études ont démontré que le changement climatique impacterait plus fortement les femmes, en particulier dans les pays émergents, du fait de son impact sur les ressources en eau, la sécurité alimentaire, l’habitat ou la santé. Mais on vient de le voir, les enjeux économiques liés au climat pourraient indirectement avoir des répercussions négatives sur les carrières des femmes, en les privant de l’accès aux nouveaux emplois de demain. Pour y remédier, dans son étude, le BCG préconise plusieurs pistes d’action :
  • S’assurer que les femmes soient correctement représentées dans les formations initiales en STEM (Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).Des formations qui débouchent sur des secteurs d’activité et des métiers directement impactés par la green economy. Or, à ce jour, seuls 36% des étudiants en STEM sont des femmes. Et la France brille par son retard avec un timide taux de 32%.
  • Faire en sorte que le reskilling (montée en compétences via des formations) des salariés concerne également les femmes. Les secteurs qui doivent envisager la reconversion de leurs métiers actuels ont des activités très masculines (énergie, pétrole, gaz, matériaux de construction). Si ces entreprises venaient à favoriser uniquement le « reskilling » de leurs collaborateurs hommes, alors les femmes seraient une nouvelle fois, les grandes perdantes de ce « green game ».
  • Veiller à l’équité dans les investissements green

Le BCG souligne qu’actuellement les startups green portées par des femmes lèvent moins de capitaux que les startups non-green. Elles attirent même à peine 15% des investissements des fonds contre 20% pour les startups non-green dirigées par des femmes. Pour éviter cette inégalité de traitement, pas le choix, les entrepreneures engagées sur ce créneau green, devraient être davantage accompagnées pour se développer et durer.