Le mécénat de compétences comme levier de performance

Dans le cadre du mécénat en nature, le mécénat de compétences rencontre de plus en plus de succès. Outil puissant d’image pour l’entreprise, il permet aussi de mobiliser et de valoriser ses équipes. Mais un tel engagement ne peut se faire à la légère.

Dans le cadre du mécénat en nature, le mécénat de compétences rencontre de plus en plus de succès. Outil puissant d’image pour l’entreprise, il permet aussi de mobiliser et de valoriser ses équipes. Mais un tel engagement ne peut se faire à la légère.

Parmi les nombreuses conséquences de la pandémie de COVID-19, il en est une qui a permis de faire un peu bouger les lignes en matière d’engagement social des entreprises : le besoin croissant d’aides et d’expertises des associations particulièrement sollicitées pendant cette crise. Une enquête flash menée en juin par l’Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial) a ainsi montré que de nombreuses d’entreprises ont eu recours à des formes de mécénat beaucoup plus diversifiées. “Nous avons constaté une augmentation des actions de mécénat croisé financier et en nature dont notamment le mécénat de compétences“, explique Léo Gaudin, directeur du développement à l’Admical. 

Plus de 300 millions d’euros investis chaque année

Le mécénat de compétences qui consiste à mettre à disposition un salarié sur son temps de travail au profit d’un projet d’intérêt général est en effet en plein essor. Le Baromètre du mécénat d’entreprise estime que 9% des entreprises en France font du mécénat et parmi celles-ci 20% font du mécénat de compétences. Sur un budget total de 3 à 3,6 milliards d’euros investis dans cette forme d’engagement, 13% relève du « prêt » de compétences. 

Entre simple prestation de service gratuite et mise à disposition de personnel, le mécénat de compétences offre aussi une grande souplesse en termes de durée des missions : courtes et ponctuelles (une seule demi-journée ou une journée), courtes mais inscrites dans la durée (une journée par mois pendant plusieurs mois…) ou longues (six mois et plus). Certaines entreprises ont même développé un système de crédit temps. La SNCF propose ainsi à ses salariés 15 jours par an à consacrer à du mécénat de compétences, du mentorat ou du tutoring. Plus ambitieuse encore, la société d’assurances Identicar permet à ses collaborateurs d’aider une association 1 jour et demi à 2 jours par mois. 

L’insincérité est la pire des choses

Pour les entreprises, le mécénat de compétences offre de nombreux leviers de performance. Au niveau social et RH, il favorise la cohésion interne, le bien-être au travail, la transmission et l’attractivité de l’entreprise. En matière d’ancrage territorial, il permet de mieux s’immerger dans l’environnement local auprès des élus et des associations. Il peut être aussi un outil d’innovation interne (meilleure maîtrise des soft skills, nouvelles manières de travailler…). Cette forme d’engagement, en lien avec les expertises métiers de l’entreprise et/ou ses valeurs, renforce également son image et sa réputation. Enfin, comme tout investissement de mécénat, le mécénat de compétences bénéficie d’avantages fiscaux important : sur 100 euros investis, 60% offre ainsi droit à une réduction d’impôts. 

“Mais attention“, prévient Léo Gaudin, “la première motivation d’une entreprise qui souhaite s’engager en mécénat de compétences doit être l’intérêt général. Les avantages que l’on peut en tirer ne font qu’en découler. Dans ce domaine, l’insincérité est la pire des choses. Il est à noter qu’une entreprise mécène sur deux – plus sans doute en mécénat de compétences – ne recours pas à la défiscalisation, essentiellement en raison des démarches administratives souvent chronophages“. 

Enfin dernière remarque du directeur du développement de l’Admical à l’adresse des entreprises : “il est important de prévoir un programme de mécénat de compétences ouvert à tous et pas seulement à une catégorie d’employés (les cadres par exemple) ou à certains services. L’entreprise doit pouvoir répondre à tous ceux qui souhaitent s’impliquer“. 

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.