Quand le mentorat en entreprise s’inspire… des arts martiaux japonais

En quoi les arts martiaux japonais peuvent servir d’inspiration en matière de mentorat en entreprise...

Mettre en place une démarche de mentorat en entreprise efficace n’a rien de trivial. Car il ne suffit pas de mettre en contact deux collaborateurs par mail pour que s’instaure une relation de confiance… En quoi les arts martiaux japonais peuvent servir d’inspiration en la matière ?

Faciliter l’intégration d’une nouvelle recrue, assurer la continuité du savoir-faire, renforcer le sentiment d’appartenance… Le mentorat en entreprise peut avoir de multiples effets bénéfiques. À condition cependant de veiller à établir des liens solides entre les individus. Des relations pas si éloignées de celles qui constituent la base de l’enseignement des arts martiaux japonais.

Mentorat en entreprise, qu’est-ce que c’est ?

Le mentorat en entreprise se définit généralement comme une forme d’accompagnement et de suivi des collaborateurs. Il s’agit d’une relation bénévole entre un expert dans son domaine, le mentor, et un individu en quête d’apprentissage, le mentoré ou mentee, en dehors de tout lien hiérarchique.

Le mentor joue un rôle à la croisée des chemins entre un tuteur, un coach ou un guide. L’objectif de la démarche peut varier selon les cas : intégration, montée en compétences, transmission d’un savoir-faire…

Plusieurs études ont prouvé l’efficacité de cette pratique, qui permet notamment d’augmenter significativement la productivité et de réduire sensiblement le turnover. Il convient toutefois de noter que ces bénéfices ne sont pas toujours au rendez-vous. Le dispositif nécessite en effet une véritable réflexion en amont, sans laquelle la relation mentor-mentee risque d’être décevante pour chaque partie.

La relation shishō-deshi dans les arts martiaux japonais

Laissons momentanément de côté le monde de l’entreprise pour rejoindre celui des arts martiaux japonais. Dans cet univers, il existe un titre spécifique, donné notamment aux enseignants, difficile à traduire en français. Ainsi, le « shishō » a premièrement pour objectif d’initier un élève, le « deshi », à une discipline (judo, aïkido, ju-jitsu…), mais également de lui transmettre un ensemble de valeurs. Il s’agit donc d’un rôle plus étendu que celui de « sensei », un terme, de surcroît, utilisé couramment au Japon et dont le sens varie selon les situations.

D’après Wikipédia, le shishō « est plus qu’un simple maître d’apprentissage d’une discipline, il est un maître de la voie« . Ce qui caractérise le lien entre celui-ci et son deshi, c’est la confiance et l’estime que chacun manifeste à l’égard de l’autre. La relation n’est ainsi pas unilatérale et se nourrit, au quotidien, des échanges entre les deux, faisant rapidement naître une intense complicité.

De son côté, le deshi cherche à s’améliorer sans cesse, en suivant les conseils de son modèle. Il veille donc à rester à son écoute de façon permanente et à adopter une attitude respectueuse en toutes circonstances. Son comportement s’inscrit dans le respect des règles, qu’elles soient écrites ou non.

Le shishō, quant à lui, s’attache à transmettre tout son savoir à son disciple, en toute transparence et en adaptant son enseignement à ce dernier. Il lui partage ainsi la totalité de ses connaissances et ses conseils peuvent aller au-delà de la discipline pratiquée. Son but : donner au deshi toutes les clés pour s’élever, jusqu’à ce que l’élève dépasse le maître.

Quel lien avec le mentorat en entreprise ?

Mais quel est donc le rapport avec notre sujet initial ? Citons à nouveau Wikipédia : « shishō pourrait correspondre à une sorte de mentor dont l’enseignement va au-delà de la seule transmission d’un art« . On peut donc rapprocher le lien shishō-deshi du mentorat, en particulier en entreprise.

Comme évoqué précédemment, cette pratique n’est malheureusement pas toujours fructueuse. Ces résultats insuffisants s’expliquent souvent par un manque de considération : l’organisation tente d’adopter cette démarche, sans véritable conviction ni suivi. Résultat : les mentors et mentees ne s’impliquent pas vraiment dans leur relation, qui ne profite finalement à personne.

Au contraire, c’est en s’investissant pleinement, et de façon désintéressée, que chaque partie pourra tirer véritablement parti de l’expérience. Il s’agit alors de tisser un lien de confiance réciproque, fondé sur l’entraide, l’estime mutuelle et une totale liberté dans les échanges. Le mentorat en entreprise a donc tout intérêt à s’inspirer des arts martiaux japonais. Non pas sur les notions de combat et d’adversité (qui ne représentent qu’une infime partie de leur philosophie), mais sur les relations de confiance et de respect qui unissent les membres d’un dojo.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.