Les Start-ups d’État

Initiative méconnue du grand public, BetaGouv fait appel à des techniques numériques pour créer des services et gérer des projets en mode start-up afin d'améliorer la qualité des services publics : les start-ups d'Etat

Initiative méconnue du grand public, l’État, dans des domaines variés fait appel à des techniques numériques pour créer des services et gérer des projets “en mode start-up” dans un souci d’améliorer “la qualité des services publics, l’efficacité d’une politique publique de l’Etat et de ses opérateurs publics”. Le berceau de ses nouveaux acteurs publics est l’incubateur de services numériques Beta.gouv.fr. Démarré en 2015, le projet ne cesse de grossir et l’horizon de s’élargir.

La Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC) est à la base de la création des start-ups d’État sous l’impulsion du gouvernement et de la Cour des Comptes qui tous deux appellent à une multiplication de ce type de projets… Le Premier Ministre soutient cet élan en raison de son “efficacité pour produire des outils informatiques adaptés aux besoins, dans des délais et des budgets sensiblement mieux maîtrisés que les méthodes traditionnelles de conduite de projet“.

En mode start-up

Cette transformation des usages de l’administration est souvent qualifiée de révolution car, tous les mécanismes habituellement dévolus aux start-ups traditionnelles se retrouvent dans ces nouveaux outils : tous sauf la recherche du profit et de la valorisation financière !

Les témoins des réunions de travail de la rue de Ségur à Paris, siège de Beta.gouv.fr, parlent tous d’une ambiance et d’un mode de fonctionnement qu’ils n’ont connu que dans le privé : prise de parole rapide, réactivité, mise en place d’objectifs clairs précis et délimités dans le temps…

Les projets étudiés suivent en général tous le même processus d’élaboration : les agents publics, au contact des difficultés réelles des usagers, sont sollicités pour faire part de leurs idées, quel que soit le domaine, susceptibles d’apporter au usagers une réelle amélioration d’un service. Une fois le principe validé, la mise en place est confiée à une équipe restreinte composée en général d’un fonctionnaire, d’un spécialiste du numérique et d’un ou deux informaticiens qui, dans un délai de six mois, doivent conduire à la mise en œuvre du projet. Ce projet est ensuite testé dans le réel et son avenir se joue en fonction du succès auprès du public.

S’en suit alors une période d’incubation durant lequel le projet est amélioré en fonction des retours des utilisateurs puis, si les résultats sont probants, une mise en place dite d’intégration c’est-à-dire une mise en place au sein de l’administration cible pour laquelle le projet a été généré au départ… en tout, un projet arrive à ce dernier stade dans un délai compris entre 1 et 3 ans.

Pour quels résultats ?

Au-delà de la démarche qui nous apparait intéressante et surtout empreinte de sens, il faut s’interroger sur les résultats de cette politique novatrice. 

La transparence étant, elle aussi, un des piliers du système mis en place, les informations sur les start-ups d’État sont disponibles sur cette page. On y apprend que 14 sont en consolidation, 34 en accélération et 28 en construction … le tout dans des domaines extrêmement variés. L’avenir semble rayonnant pour des incubateurs de plus en plus nombreux sur le territoire.

Au-delà des projets portés, la généralisation se fait également par les organismes porteurs des projets. En effet, depuis 2018, les collectivités territoriales prennent exemple sur l’initiative et importent dans leurs territoires respectifs les méthodes de fonctionnement pour devenir incubateur de solutions à leur échelle régionale ou départementale. Ainsi, la Région Grand Est, le Calvados, le Var, l’agglomération de Pau Béarn Pyrénées développent désormais leurs propres start-ups. Nous avions d’ailleurs présenté le site Place des Entreprises : le guichet public et gratuit d’accompagnement des TPE & PME dans une précédente brève, mise en place par une collectivité précurseur en la matière : les Hauts de France.

Rechercher du sens, miser sur des compétences, écouter les personnes en contact au quotidien avec les difficultés, mélanger les expertises… autant d’arguments plaidant pour la réussite de cette forme nouvelle de service.

Lire aussi : Jeunes geeks et Start-up, la fin d’une fiction

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable et constituent les premiers remparts contre les visions court-termistes, le downgrading et la standardisation. Notre objectif est d’établir un rapport humain authentique lors de l’élaboration et la réalisation de nos missions. Nous avons à cœur de nouer un lien de confiance et de transparence avec nos partenaires, vecteur de transformations durables et de changement en profondeur des modèles de communication et de management.