Antoine Keraudy

Ambassadeur Handicap et animateur du compte Twitter @unhandicapé

Ils sont conférencier, consultant, responsable de mission handicap, entrepreneur, digital worker… et tous réussissent dans leur job. Pour eux, le handicap n’est pas un obstacle à leur épanouissement. Au contraire. Sans être des activistes forcenés, ils s’engagent tous à leur manière en faveur d’une société plus inclusive.

Ambassadeur Handicap et animateur du compte Twitter @unhandicapé

Antoine n’a jamais côtoyé le monde du handicap. Petit, malgré sa maladie de naissance, qui lui impose des déplacements en fauteuil roulant à l’extérieur, il suit une scolarité classique jusqu’au lycée. Puis vient le temps de faire reconnaître sa qualité de travailleur handicapé (RQTH) et donc de connaitre ses droits. Et là, ce jeune homme de la “génération des réseaux sociaux” ne trouve pas les infos souhaitées. “Les médias créent le débat mais ne le nourrissent pas”, argumente-t-il. Qu’à cela ne tienne, en 2012, il ouvre un compte Twitter (@UnHandicap) pour diffuser de l’info sur les sujets du handicap et de la santé. Chaque jour ou presque, il poste des bonnes nouvelles, des actus, des reportages, des portraits, des brèves… Sa cible : les PH bien sûr, mais aussi les aidants, les familles, les professionnels, les employeurs… Deux ans plus tard, il se lance sur Facebook et LinkedIn. Et trouve son audience. “J’y suis tous les jours, c’est un boulot à temps plein de repérer les infos et les belles initiatives pour les poster. Mais attention, je ne suis ni militant, ni activiste. Je ne suis personne pour dire que ce qui est bien ou pas. Chaque personne handicapée a ses propres besoins en fonction de son handicap. Impossible de généraliser“, explique-t-il. Pour Antoine, pas question de faire dans le larmoyant et le pathos. “Mon objectif premier est de sensibiliser un maximum de personnes. Dernièrement, j’ai ainsi posté un reportage de France 3 sur Clément Rommel, un jeune atteint de trisomie 21 et qui, pendant le confinement, a travaillé dans un drive de supermarché de Grande-Synthe (Nord). Il est également très fréquent que je joue les intermédiaires entre des PH ou des familles qui recherchent des avocats spécialisés sur le handicap, des cabinets de recrutement. J’ouvre volontiers mon carnet d’adresses“, précise-t-il.

Et son altruisme porte ses fruits si l’on en croit l’audience de ses comptes. 27 000 followers sur Twitter par exemple, plus de 10 000 abonnés sur LinkedIn, etc. Antoine explique en partie ses bons résultats par son anonymat. “Avec mes comptes Antoine un handicapé, @UnHandicap, je donne de la visibilité aux autres personnes handicapées. Je ne cherche pas à me mettre en avant“, insiste le jeune homme, pudique. Convaincu du bien-fondé de sa démarche, Antoine a décidé de sauter le pas et d’en faire son métier. Après avoir bossé dans une entreprise adaptée en charge de sous-traitance administrative pour Orange, il vient de créer sa micro-entreprise afin de bosser pour Les Années Folles, une agence de marketing d’influence LinkedIn. “Je vais donc monétiser mon audience en collaborant avec des marques“, détaille-t-il. Mais ne risque-t-il pas de vendre son âme au diable en procédant de la sorte ? “Aucunement car d’abord je vais rester anonyme. Et puis, j’accepte uniquement les collaborations avec des marques dont les produits ou les services peuvent intéresser ma communauté. Cela peut être une start up qui a développé une appli permettant de géolocaliser les toilettes handi accessibles, mais aussi un fabricant de vélo compatibles avec les fauteuils roulants…“, conclut ce breton pur souche.

Portrait écrit par

Sylvie Laidet