Céline Huitric

Consultante au sein du cabinet ENEA Consulting

Portraits de femmes et d'hommes qui ont eu l’opportunité de s’engager dans du mécénat de compétences. Ils nous font part de leurs expériences

Jeune consultante au sein du cabinet ENEA Consulting, Céline Huitric s’est lancée avec passion dans le mécénat de compétence. Depuis 2017, elle a mené trois missions en Afrique sur le thème de l’accès à l’énergie.

“C’est gratifiant de voir l’impact que son action peut avoir dans la vie des gens

Depuis sa création en 2007, ENEA Consulting pratique le mécénat de compétences. Le cabinet, qui conseille les entreprises dans la mise en œuvre de la transition énergétique et le développement de l’accès à l’énergie en Afrique et en Asie, dédie du temps gratuitement (pro-bono) pour des entrepreneurs sociaux ou à un taux réduit (low-bono) pour des entreprises sociales plus matures. En parallèle de son programme de mécénat propre, ENEA Consulting s’est associé avec Acumen, SEforALL et Total pour créer en 2019 l’Energy Access Booster. Ce programme soutient des entrepreneurs sociaux engagés dans le domaine de l’accès à l’énergie en Afrique via, entre autres, du mécénat de compétences. 

Une opportunité que Céline Huitric n’a pas laissée passer. En à peine plus de quatre ans passés au sein d’ENEA Consulting (son premier emploi au sortir de ses études), la jeune consultante a déjà mené trois missions de mécénat à l’étranger. “Au-delà des missions classiques que je gère, notamment en matière d’accès à l’énergie, c’est pour moi l’occasion de sentir, à mon niveau, l’impact que peut avoir mon action concrètement sur le terrain”, explique Céline Huitric qui ajoute qu’une entreprise engagée dans ce genre de programme est souvent bien plus attirante pour les talents qu’elle souhaite recruter, notamment les plus jeunes.

Des missions de trois semaines en moyenne

Sa première mission l’a menée à Madagascar en septembre 2017 pour le compte de l’ONG 1001 fontaines qui y déploie des kiosques à eau alimentés par des panneaux solaires pour le traitement de l’eau. “L’association souhaitait étudier la possibilité de couvrir ces kiosques de cellules photovoltaïques pour générer davantage d’électricité. Notre travail, avec un collègue d’ENEA, a été de mener une étude auprès des villageois pour identifier leurs besoins énergétiques (recharge de lampes solaires, de téléphones portables, mise à disposition de frigos, imprimantes…)”, détaille Céline Huitric qui a consacré une vingtaine de jours au projet entièrement pris en charge par son entreprise.

Moins d’un an plus tard, elle rejoignait – avec un autre salarié d’ENEA – Nairobi au Kenya pour assister InspiraFarms, une jeune entreprise spécialisée dans la fourniture de chambres froides solaires en Afrique et en Amérique du sud. “Nous avons analysé un business model autour du paiement à l’usage afin qu’InspiraFarms puisse commercialiser ses chambres froides non plus seulement avec les grandes coopératives mais directement auprès des fermiers afin d’éviter la perte de produits agricoles, abimés et donc invendables, le temps qu’ils arrivent dans les coopératives”, note Céline Huitric qui a également consacré à ce projet environ trois semaines.

Mesurer l’impact direct de son engagement

“La dernière mission de mécénat à laquelle j’ai participé en novembre et décembre 2019 était pour Baobab, entreprise spécialisée dans le micro-crédit et qui se diversifie à Madagascar dans le « Pay as you go » avec location-vente de produits solaires (lampes ou kits). Les modalités étaient un peu particulières puisqu’il s’agissait d’une mission « low bono » où seul un certain pourcentage de notre temps passé est offert à l’entreprise”, souligne la consultante d’ENEA, “ce type d’accord est plus adapté aux entreprises plus matures. Il permet de davantage les impliquer et assurer un meilleur investissement de leurs équipes dans notre accompagnement”. 

Quelle que soit sa forme, le mécénat de compétences est, pour Céline Huitric, une expérience précieuse : “c’est très gratifiant de participer à des projets sur le terrain auprès d’entrepreneurs et d’ONG œuvrant pour améliorer la vie des populations locales. J’ai beaucoup appris sur la problématique de l’accès à l’énergie mais aussi sur plein d’autres sujets. En rencontrant les gens sur le terrain, souvent dans des lieux reculés, on parle de leur vie quotidienne, de leurs besoins, c’est très enrichissant”. Exemple lors de la mission pour 1001 fontaines : “les villageois étaient très intéressés par l’accès à une imprimante qui, pour nous, vu d’Europe, peut nous paraître accessoire compte tenu des besoins élémentaires dont ces populations sont dépourvues. Mais pour eux, c’est essentiel car pour être embauché lors des travaux agricoles il faut fournir de nombreux papiers officiels. Or aller en ville pour faire des copies leur coûte cher”, raconte Céline Huitric. Fin 2020, ENEA Consulting menait une étude pour évaluer l’impact concret des diverses missions menées par ses collaborateurs. Retour d’expérience oblige !

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Portrait écrit par

Alain Delcayre