Etienne Allais - Halte aux préjugés et aux stéréotypes

Portrait

Etienne Allais - Halte aux préjugés et aux stéréotypes

Ancien directeur général de SOS racisme

8 avril 2022

Ils ont choisi de lutter contre les préjugés, d’œuvrer pour l’inclusion au travail des LGBT + ou pour la place des 50 ans et plus en entreprise. Voici trois portraits de professionnels agissant en faveur de la diversité et de l’inclusion dans le monde du travail. Ils ont du pain sur la planche.

Etienne Allais, ancien directeur général de SOS racisme, forme les salariés d’entreprise pour mieux combattre les préjugés et les stéréotypes liés, entre autres, à l’apparence physique.

Comment vivre ensemble, avec nos différences, dans une France métissée ? Cette question a très tôt intéressée Etienne Allais. Ingénieur agro-alimentaire, diplômé de Science Po Rennes, il a rejoint une antenne locale de SOS Racisme avant de prendre, à 24 ans, la direction nationale de l’association. 

Aujourd’hui, à 33 ans, l’auteur de « SOS, préjugés ! » paru chez l’Harmattan, continue d’œuvrer en faveur de la diversité mais dans le secteur de l’entreprise. Sa société coopérative, « entre autre », lancé en 2016, multiplie les missions de formation et de sensibilisation avec un objectif : lutter contre les préjugés et les stéréotypes. 

Etienne Allais forme par exemple les agents de sûreté ferroviaire de la SNCF en charge du contrôle des passagers. « Je leur explique que la discrimination fait partie du fonctionnement de l’être humain : elle est motivée par des biais cognitifs inconscients qui permettent, dans des situations de danger, d’agir très vite, par regroupement et catégorisation, sans prise en compte de la réalité. En être conscient est une étape indispensable pour éviter les comportements stigmatisants », explique-t-il.

Etienne Allais forme également les agents immobiliers de Foncia. Certains propriétaires ne souhaitent pas, en effet, louer leur bien à tel ou tel profil ; Or l’entreprise a choisi de ne pas donner suite à ces demandes. « Nous élaborons des arguments pour contrer la peur de propriétaires associant origine et risque d’impayés. Et s’il n’y a pas de parti pris idéologique, cela fonctionne », explique-t-il.

Enfin, entre-autre pratique l’auto-testing, soit l’envoi aux recruteurs et aux managers de paires de faux CV avec un même parcours mais une couleur de peau ou un nom différents. « La tendance est souvent d’embaucher une personne qui nous ressemble le plus sachant qu’elle n’est pas forcément la plus compétente », ajoute-t-il. Des biais inconscients que l’entreprise, en quête de talents, souhaite de plus en plus identifier pour mieux les combattre.