Inès de Giuli

Historienne

Dans une société qui survalorise les filières scientifiques et les profils d’ingénieurs, les sciences humaines et sociales semblent de plus en plus séduire les entreprises et les institutions. Comment sont-elles utilisées et qu’apportent-elles ? La réponse avec les portraits de six experts

De l’histoire utile au service des entreprises

Inès de Giuli, historienne, est aujourd’hui directrice générale d’Histoire d’entreprises. Sa mission : valoriser le patrimoine historique des marques et des institutions. Une expertise à la frontière entre l’histoire, l’information et la communication. Voilà dix ans qu’Inès de Giuli a rejoint Histoire d’Entreprises, une agence spécialisée dans la valorisation du patrimoine historique des entreprises, des marques et des institutions. Rien ne la prédestinait pourtant à travailler pour le monde de l’entreprise dont elle a toujours été très éloignée. “Mes parents, l’un médecin libéral, l’autre artiste peintre, ne m’ont pas poussée vers des études classiques de droit ou de finance pour faire carrière en entreprise, un lieu considéré comme un peu brimant“, explique-t-elle. Son choix la porte vers l’histoire avec un objectif : comprendre le monde. Et de préciser : “L’enchaînement de cause à effet temporel correspond bien à mon mode de pensée“.

Sa curiosité va la conduire également au Japon où elle donne des cours de français. Une expérience riche en enseignements dans une société si différente de la sienne. “J’ai réalisé là-bas que je ne serai pas professeur et que j’étais très attachée à mes origines latines”, explique-t-elle en évoquant son grand-père italien. Mais que faire en France avec un master d’Histoire suivi d’un master d’Histoire de l’art ? Ce sera d’abord un stage de chargée de mission à la Société générale pour faire vivre la vaste collection d’œuvres d’art de la banque. Puis elle intègre Histoire d’entreprises en répondant à une annonce. A 39 ans, elle apprécie le monde de l’entreprise. “J’ai découvert des lieux de créativité, en quête de solutions, et d’une grande richesse notamment humaine“, explique-t-elle. Ses missions : réaliser des livres, des expositions, des sites internet ou encore des films qui mettent en lumière le passé des entreprises. “Elles font appel à nous à l’occasion d’un anniversaire, d’un changement de stratégie, pour transmettre une culture d’entreprise aux jeunes générations ou pour fédérer des équipes autour d’un passé, une expérience et des valeurs communes“, explique Inès de Giuli. Mettre son expertise au service d’une démarche de communication ne la dérange pas. Cette pratique a d’ailleurs un nom : l’histoire utile. “Cela nous arrive de faire des récits historiques de référence sans rien occulter mais cela n’a pas forcément vocation à être diffusé tel quel“, précise-elle. En tant qu’historienne, elle se reconnaît une aptitude à plonger dans une masse importante d’informations sans se perdre. “Les historiens savent également écrire et raconter des histoires au long cours“, détaille-t-elle, consciente de détenir une expertise, à part, sur un marché de niche que se partagent aujourd’hui des journalistes free lance et quelques concurrents dont Perles d’histoire. Une expertise à la frontière entre l’histoire, l’information et la communication.

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Portrait écrit par

Delphine Masson