Sophie Sion

Responsable adjointe de production chez EBS Espérance

Faire bouger les lignes, apporter des réponses concrètes à des défis sociétaux ou environnementaux, telles sont les missions que se sont fixées ces femmes et ces hommes lorsqu’ils ont décidé de rejoindre ou de créer des entreprises à impact.

Entre Montréal, Paris et Francfort, les premières années professionnelles de Sophie Sion, psychologue de formation, spécialisée dans les ressources humaines, le recrutement et la formation se déroulent dans des grands groupes.

Depuis ses études, elle multiplie ses expériences bénévoles. Du scoutisme à la défense d’une alimentation saine en passant par les enjeux climatiques, elle s’investit au fil du temps pour de nombreuses causes et adapte son mode de vie à ses convictions. Lorsque ses collègues prennent un taxi, elle opte pour les transports en commun; au smartphone elle préfère le téléphone classique. “J’influençais les choses à ma manière” aime-t-elle à se rappeler. Mais ses confrères, avec lesquels elle s’entend bien, ne comprennent pas toujours ses choix. De surcroît elle se retrouve parfois dans des univers où l’opulence la questionne. “Je travaillais au siège d’une grande entreprise. Je me sentais de plus en plus en décalage avec les valeurs que j’ai toujours défendues.” La sobriété de vie et la proximité avec le terrain guident son désir de changement.

La question se pose alors d’intégrer le secteur associatif, cette fois du côté professionnel. Mais l’opportunité ne se présente pas contrairement à deux chemins semblant pourtant assez lointains, voire opposés : une opportunité en tant que responsable des ressources humaines dans l’armée et le parcours On Purpose.

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“Je souhaitais quitter le secteur privé et l’armée collait avec certaines de mes valeurs. Les deux possibilités s’annonçaient très bien mais ce qui a fait la différence c’était le sérieux, l’aspect très professionnel d’On Purpose.” Après un premier contrat classique à l’ADIE comme chargée de mission RH et IT, elle entre chez EBS Espérance, une structure d’insertion spécialisée dans le reconditionnement, radicalement différente, pour une mission 100% terrain. “Chargée d’optimiser la productivité et l’ergonomie, je travaillais dans un entrepôt, avec un public en difficulté. Mission nouvelle, environnement nouveau, cela faisait beaucoup de nouveauté”. Elle arrive en plein confinement, les missions se déroulent dans la poussière, masquée. “Ce n’était pas confortable, en revanche voir des personnes des quatre coins du monde travailler ensemble a été une source d’émerveillement dès le début”. Plus proche  du terrain, de l’humain, elle se sent à sa place. “Les six mois se sont tellement bien passés que l’on m’a proposé un poste de responsable adjointe de production, une très belle marque de confiance de la part d’EBS Espérance. Alors que je n’avais pas les compétences techniques, j’ai trouvé ma place, gagné la confiance des gens, probablement grâce à mon ouverture d’esprit et mon adaptabilité”. Désormais une phrase prononcée par son mentor résonne au quotidien, “faire des pépins des pépites”.

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Portrait écrit par

Stéphanie Chemla