TeleCoop, un opérateur télécom écologique et solidaire

Portrait

TeleCoop, un opérateur télécom écologique et solidaire

25 juin 2021

En 2020, les Scop (Sociétés coopératives de production) et les Scic (Sociétés coopératives d'intérêt collectif) affichent de beaux scores : 67.200 emplois créés, en hausse de 6% sur un an. Et un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros, en croissance de 8%. Justice sociale, gouvernance partagée, ancrage territorial, leurs valeurs séduisent les citoyens. Qu’ils soient entrepreneurs, syndicalistes, militants, écologistes ou consommateurs éclairés, ils trouvent ici un nouveau levier d’action pour changer la société. Six d’entre elles, nouvellement créées, ont trouvé des solutions concrètes aux grands maux de notre époque dans des secteurs aussi différents que la santé publique, le ferroviaire, le textile et les télécoms. Elles s’appellent La Coop des masques, Telecoop, VirgoCoop, CoopCycle, Railcoop et CoopVenture. Voici leurs portraits.

Conscient que le numérique est aussi une ressource limitée aux émissions de CO2 importantes, TeleCoop veut changer les pratiques des télécoms. C’est le premier opérateur engagé dans la transition écologique et solidaire.

Ingénieur en génie civil dans de grands groupes avant d’être attiré par l’économie sociale et solidaire, Pierre Paquot, 37 ans, a choisi de quitter Enercoop en 2019 pour créer TeleCoop, le premier opérateur télécom engagé dans la transition écologique et solidaire. "J’ai fait le constat qu’il manquait en France un acteur responsable du numérique, un secteur à l’origine d’impacts environnementaux et sociétaux forts", explique-t-il. Il pense à un opérateur, porte d’entrée de tout un chacun vers le digital, et au statut coopératif qui offre, selon lui, des garde-fous importants pour ne pas tomber dans le travers des grands des télécoms : une lucrativité limitée, une gouvernance partagée, une juste rémunération et une gestion éthique et humaine des clients et des salariés. La coopérative permet également, selon lui, de répondre à l’envie très forte des citoyens de s’impliquer et d’agir alors que beaucoup ont  le sentiment de subir le numérique sans avoir leur mot à dire, comme pour le débat sur la 5G. Rejoint par une vingtaine de membres fondateurs dont Julien Noé, co-fondateur d’Enercoop, TeleCoop est parvenu à réunir 50 000 euros pour financer ses premiers pas. Lancée officiellement en avril 2020, la Scic prend volontairement le contre-pied du marché en proposant un forfait "sobriété" unique, sans engagement, à dix euros par mois incluant appels et SMS. A la fin du mois, l’usager paiera sa consommation réelle de données, soit 2 euros de plus par giga consommé. "Les opérateurs classiques se livrent à la vente exponentielle de gigas et de forfaits illimités quelque soient les besoins. Or le numérique est aussi une ressource limitée aux émissions de CO2 très importantes", commente Pierre Paquot.

TeleCoop souhaite également s’opposer au renouvellement systématique des téléphones favorisés par les opérateurs en proposant, par exemple, leur réparation plutôt que leur remplacement. La Scic souhaite se développer, lentement mais sûrement, et avec l’accord des sociétaires, auprès des usagers, mais aussi des entreprises, des collectivités locales et des coopératives partenaires. D’autres offres notamment "internet" sont envisagées alors que TeleCoop multiplie les prises de parole sur le numérique responsable. Son objectif : 10 000 clients en avril 2022. Et l’ambition de donner un jour, le la, au marché.