VirgoCoop, une filière de culture de chanvre pour l’habillement

Portrait

VirgoCoop, une filière de culture de chanvre pour l’habillement

VirgoCoop

25 juin 2021

En 2020, les Scop (Sociétés coopératives de production) et les Scic (Sociétés coopératives d'intérêt collectif) affichent de beaux scores : 67.200 emplois créés, en hausse de 6% sur un an. Et un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros, en croissance de 8%. Justice sociale, gouvernance partagée, ancrage territorial, leurs valeurs séduisent les citoyens. Qu’ils soient entrepreneurs, syndicalistes, militants, écologistes ou consommateurs éclairés, ils trouvent ici un nouveau levier d’action pour changer la société. Six d’entre elles, nouvellement créées, ont trouvé des solutions concrètes aux grands maux de notre époque dans des secteurs aussi différents que la santé publique, le ferroviaire, le textile et les télécoms. Elles s’appellent La Coop des masques, Telecoop, VirgoCoop, CoopCycle, Railcoop et CoopVenture. Voici leurs portraits.

Redynamiser les territoires, réindustrialiser la France, opter pour des cultures à faible impact écologique…En Occitanie, VirgoCoop réinvente la production textile en misant notamment sur le Chanvre.

Ils souhaitaient contribuer activement à la transition écologique des territoires, à commencer par le leur : l’Occitanie. Ils ont misé sur la filière textile, un marché où les enjeux sociaux et environnementaux restent importants. « Notre idée c’est de créer localement des bassins textiles autonomes et à faible impact écologique qui tranchent avec un modèle archi-mondialisé centré sur la Chine », explique Mathieu Ebbesen-Goudin.

Ancien travailleur dans l’humanitaire, il se consacre dorénavant à 100% à ce projet né en 2016 et baptisé Virgo en référence à la Vierge, le signe astrologique des quatre fondateurs.  Miser sur le statut coopératif allait de soi. « Nous croyons en ce modèle économique vertueux qui offre un juste partage de la valeur, une gouvernance collégiale et une forte capacité à lever des fonds », précise-t-il.

A ce jour, l’équipe a réuni un capital social de 70 000 euros auprès d’une cinquantaine de sociétaires. Son premier projet : le développement d’une filière chanvre dans le sud-ouest. "Cette plante offre plusieurs avantages : elle demande peu d’eau, résiste aux maladies et s’avère idéal pour des terres en conversion bio", explique Mathieu Ebbesen-Goudin. Pour commencer, VirgoCoop a souhaité démontrer que le projet avait un sens auprès des consommateurs. La coopérative a ainsi lancé avec l’Atelier Tuffery un jean 100% chanvre. Mais pour qu’il soit 100% made in France, il manquait la machine transformant le chanvre, sorti du champ, en fil, une expertise hexagonale délocalisée en Europe de l’Est. D’où la création de Hemp-Act, un nouvel acteur, basé dans le Lot, spécialisé dans l’extraction et  l’affinage de fibres longues de chanvre. "Nous avons pu financer, avec la Région Occitanie, l’achat d’une défibreuse", explique Mathieu Ebbesen-Goudin qui développe par ailleurs avec, Chanvre Occitan, la culture de cette plante dans trois départements : le Gers, le Tarn et l’Hérault. "En 2021, 60 hectares seront cultivés à destination du textile", précise-t-il. De quoi satisfaire un secteur en très forte demande de fibres écologiques produites localement. Et de faire école. Des Allemands, des Espagnols et des Malgaches ont d’ores et déjà contactés VirgoCoop qui souhaite dupliquer le modèle avec diverses plantes présentant, comme le Chanvre, des caractéristiques techniques et environnementales intéressantes. L’histoire ne fait que commencer.