Yann Le Goanvic

Co-fondateur d'ENOUMA

Faire bouger les lignes, apporter des réponses concrètes à des défis sociétaux ou environnementaux, telles sont les missions que se sont fixées ces femmes et ces hommes lorsqu’ils ont décidé de rejoindre ou de créer des entreprises à impact.

L’aventure entrepreneuriale de Yann le Goanvic résonne avec son parcours scolaire. “Je n’étais pas un bon élève, j’avais du mal à trouver ma place dans le système scolaire traditionnel. Mes parents m’ont toujours soutenu et encouragé à poursuivre mes études”. Après un bac économique, il obtient un DEUG de géographie avant d’intégrer une école de commerce, grâce à une bourse. “Les choix se sont imposés au fil des rencontres” reconnait-il volontiers. Il évolue à différentes fonctions commerciales avant de devenir responsable marketing de grands groupes pendant dix ans.

En parallèle, engagé dans le secteur associatif, il n’en découvre les codes que quelques années plus tard. “Il existe un fossé entre les missions bénévoles et salariées dans le secteur associatif. On a souvent tendance à idéaliser ces organisations, mais lorsque l’on découvre l’envers du décor, on se rend compte qu’elles ont les mêmes travers que les entreprises capitalistiques.

Attiré par l’entrepreneuriat, il franchit le pas en suivant le cursus Ticket for Change. “Je voulais concilier mon envie de développer une activité avec la notion de sens, entreprendre avec une véritable raison d’être”. C’est là où son parcours professionnel renoue avec son histoire de vie. “Tout le monde n’a pas sa place dans la système éducatif ordinaire mais il faut être en capacité d’accompagner ces personnes”.

Sa première idée, coacher des collégiens de familles modestes pendant trois ans, échoue faute de modèle économique. La deuxième voit le jour sous le nom d’ENOUMA. Avec Charlotte Wambergue, rencontrée sur les bancs d’On Purpose , ils lancent cette structure de l’ESS  permettant à des personnes expérimentées dans le domaine médico-social mais sans diplôme, d’entamer un parcours de remise à niveau pour ensuite rejoindre une école de soignants.

Lire notre article sur On Purpose : Former les leaders de l’économie à impact

“Charlotte avait travaillé dans le secteur médico-social et ne voulait pas forcément y retourner. Elle s’intéressait plutôt aux jeunes exclus du système scolaire; moi, au bien-vieillir. Nous nous sommes interrogés sur la complémentarité de nos expériences. Pendant un an j’ai suivi des conférences, fait de nombreuses rencontres pour affiner le sujet sur lequel je souhaitais entreprendre. Ce qui a accéléré le processus de création d’Enouma c’est la rencontre avec la Croix Rouge insertion”. La vocation de la structure est en pleine évolution car, comme toute entreprise à impact, elle entend bien répondre à un besoin sociétal. “Tout ce qui existe aujourd’hui pour les plus de 25 ans s’adresse aux personnes maitrisant bien le français. Nous voulons créer une structure apprenante permettant une remise à niveau en français, mathématiques et en informatique. Il faut recréer un intérêt pour les métiers de l’accompagnement, les repenser pour répondre aux besoins d’une population vieillissante”.

Découvrir tous les portraits de notre série “l’économie à impact”

Portrait écrit par

Stéphanie Chemla