Peut-on être heureux au travail en temps de Covid-19 ?

Le Covid-19 a profondément – et sans doute durablement – chamboulé les habitudes professionnelles, en particulier avec l’essor du télétravail. Ces bouleversements ont nécessairement affecté les salariés, pas toujours préparés à une évolution si soudaine.

La crise sanitaire ayant fortement perturbé la sphère professionnelle, on peut être tenté de s’interroger quant à son impact sur le bonheur au travail. Mais cette notion est-elle vraiment pertinente, à plus forte raison en période de pandémie ?

Le Covid-19 a profondément – et sans doute durablement – chamboulé les habitudes professionnelles, en particulier avec l’essor du télétravail. Ces bouleversements ont nécessairement affecté les salariés, pas toujours préparés à une évolution si soudaine. Au point de peser sensiblement sur leur niveau de bonheur au travail ?

Source d’épanouissement ou simplement de revenus ?

Selon un sondage OpinionWay pour Microsoft, réalisé en décembre 2020, soit après les deux premiers confinements, 72 % des Français considèrent que le travail contribue à leur bonheur personnel. À première vue, il y a donc peu de débat : l’activité professionnelle représenterait une composante essentielle de l’épanouissement individuel.

Mais d’autres parties de l’étude dessinent un paysage plus nuancé. En effet, à la question sur les principales causes de ce ressenti, une réponse sort du lot. Au total, 51 % des sondés estiment ainsi que leur métier les rend heureux parce qu’il leur permet de prendre soin d’eux et de leur famille financièrement. En d’autres termes, l’argent, davantage que le travail, ferait le bonheur ?

De plus, l’institut de sondage a classé les répondants en quatre catégories, parmi lesquelles “les résignés” et “les modérés“. Deux groupes qui ne perçoivent pas l’activité professionnelle comme une clé de leur épanouissement personnel et qui représentent 52 % des répondants au total.

Faut-il y voir l’empreinte de la crise sanitaire sur les travailleurs français ? Difficile d’être catégorique. Néanmoins, 43 % des actifs interrogés affirment que les confinements leur ont donné envie de se reconvertir ou de changer de métier…

Doit-on être heureux au travail ?

Mais après tout, le bonheur professionnel constitue-t-il un impératif ? Ces dernières années, on a assisté à l’émergence d’une quasi-injonction : il faudrait être heureux au travail. Une philosophie qui a donné naissance à un nouveau poste, le Chief Happiness Officer, aux contours souvent flous. Cela a aussi poussé les entreprises à organiser davantage d’événements de team building, à ajouter un baby-foot en salle de repos…

Pourtant, tous les travailleurs n’aspirent pas à atteindre un tel niveau de félicité via leur activité professionnelle. Dans le sondage OpinionWay pour Microsoft, 60 % des personnes interrogées mettent en avant le fait qu’il s’agit d’un “moyen de gagner sa vie“.

Peut-être sous l’influence de la célèbre maxime de Confucius (“Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour“), on estime parfois que la seule quête professionnelle valable est celle du “métier passion”. Mais en réalité, cette recherche ne concerne pas la totalité des actifs. Nombreux sont ceux qui se contentent aisément d’une vision utilitariste du travail, surtout en période de crise sanitaire. Et cela n’a rien de dégradant.

Bonheur au travail vs bien-être au travail

Pour autant, cela ne veut pas dire que l’entreprise n’a aucun rôle à jouer dans l’épanouissement de ses équipes. Seulement, ce n’est pas leur bonheur qu’elle doit viser, mais leur bien-être, une notion différente qui se rapporte davantage à la satisfaction, l’harmonie, la tranquillité d’esprit. C’est en ce sens qu’elle doit repenser son organisation et son management. Contribuer à rendre les salariés heureux représente alors un bonus appréciable, mais pas une priorité.

C’est précisément l’objectif des initiatives autour de la qualité de vie au travail. Concrètement, il s’agit d’offrir aux employés les meilleures conditions pour la réalisation de leurs missions. Cela peut inclure du team building, des événements ou des locaux réaménagés, mais il s’agit aussi d’adopter un management adéquat, laissant place à l’écoute, la confiance et la bienveillance.

De même, le sens donné aux missions figure parmi les clés du bien-être professionnel. Et c’est peut-être encore plus vrai depuis la pandémie de Covid-19. Ainsi, 56 % des répondants au sondage OpinionWay pour Microsoft aspirent à “quelque chose qui doit avoir du sens“. Une bonne façon de prévenir les risques de brown-out.

La santé occupe également une place importante dans la qualité de vie au travail, en particulier avec le Covid-19. Il s’agit alors de veiller sur la santé physique et mentale des collaborateurs, mais aussi sur la santé financière de l’organisation, afin de préserver les emplois. En définitive, en temps de pandémie, et même en dehors, la question du bonheur au travail peut difficilement figurer au cœur des préoccupations des entreprises. Celles-ci doivent davantage se concentrer sur la notion de bien-être, en associant notamment management adapté, quête de sens et préservation de la santé. Une équation déjà suffisamment complexe.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.