Les “softs skills” se travaillent toute la vie

Les compétences relationnelles et le "savoir être" des collaborateurs deviennent les priorités des entreprises confrontées aux bouleversements de leurs modèles sous la poussée du digital.

Les compétences relationnelles et le “savoir être” des collaborateurs deviennent les priorités des entreprises confrontées aux bouleversements de leurs modèles sous la poussée du digital. Le “long life learning” rime avec “soft skills”.

Le concept de “long life learning”, l’apprentissage tout au long de la vie, s’est forgé en réponse au changement continu du paysage de la production de biens et de services et à l’accélération du phénomène par la “révolution numérique”. Fini le temps où l’on exerçait sa vie durant un métier appris au sortir de l’école. Il faut maintenant non seulement mettre à jour et compléter régulièrement son savoir professionnel, mais encore changer de métier plusieurs fois dans sa vie. Et même partir vers des emplois qui n’existent pas, pas encore. Une étude de l’université d’Oxford estime que près d’un métier sur deux pourrait disparaître d’ici 2025, et de leur côté les experts du Word Economic Forum affirment que les 2/3 des enfants qui entrent aujourd’hui à l’école sont appelés à exercer des métiers qui n’existent pas encore.

Adaptabilité des collaborateurs

Nous vivons une transformation digitale qui reconfigure les compétences indique Béatrice Gherara, cofondatrice de Kokoroe, plateforme de “formation en ligne aux compétences de demain”. La maîtrise des outils numériques arrive sans surprise en tête de ces nouveaux savoir-faire. Être comme un poisson dans l’eau au milieu des flux de « datas », produire la pièce manquante en impression 3D, ou encore jongler avec les réseaux sociaux, autant de techniques transversales qui sont venues grossir le portefeuille de compétences métier attendues par un employeur.
Mais quand on parle de demain, ce n’est plus prioritairement à ces savoir-faire que l’on pense : “le savoir-être est en passe de devenir la qualité première d’un collaborateur” relève Béatrice Gherara en pointant  la demande croissante des services de ressources humaines pour des formations aux soft skills, ces compétences « douces » aux aspects multiples mais qui ont toutes un point commun, l’humain et la capacité à interagir harmonieusement avec son environnement.
52 % des DRH interrogés par le cabinet Robert Half en 2016 accordaient “autant d’importance, voire davantage, aux “soft skills” qu’aux “hard skills“”. Cette tendance confirmée par l’enquête menée par le World Economic Forum s’explique par l’accélération de l’obsolescence de certaines expertises métiers, analyse la cofondatrice de Kokoroe, qui amène les entreprises à miser davantage sur l’adaptabilité des collaborateurs, sur leur capacité à rebondir sur d’autres métiers.

Compétence reine, la créativité

En tête des compétences humaines listées par le World Economic Forum,on trouve Le management de problèmes complexes, la pensée critique et la créativité. Suivent la gestion des équipes, la coordination, l’intelligence émotionnelle. La créativité est effectivement une qualité très prisée par les entreprises qui ont compris la nécessité de repenser leur business model et de créer de nouveaux services poursuit Béatrice Gherara. Car si les « moules » de la formation professionnelle initiale des collaborateurs ne sont plus pérennes, ceux des modèles économiques des entreprises ont besoin d’être réinterrogés en permanence afin de rester compétitifs.

En regard de l’inscription du collaborateur dans une démarche de formation dans le temps long de la vie professionnelle, l’entreprise doit de son côté se donner les moyens d’une disruption tout au long de la vie. Penser “out of the box”, c’est vital pour l’entreprise et c’est une compétence à exercer à vie, et non à la demande, affirme Alain Goetzmann, ancien industriel passé du côté du conseil aux dirigeants. C’est la spécificité des soft skills : on ne se forme pas une fois pour toutes à l’empathie, à la créativité, au travail en équipe ou à l’intelligence émotionnelle. Ces compétences là se travaillent tout au long de la vie confirme la dirigeante de Kokoroe, rejoignant ici Alain Goetzmann ou encore Julien Bouret. Co-auteur de l’ouvrage “Le Réflexe Soft Skills”, Julien Bouret compare l’acquisition et l’entretien permanent des compétences comportementales à un entraînement sportif. 
Dans le fil de cette comparaison, Béatrice Gherara précise que le « training » est un mélange de différents moments, de différentes techniques et de différents supports : des stages en présentiel, la fréquentation d’un MOOC ou d’une plateforme comme celle de Kokoroe, des échanges via les réseaux sociaux… À sa façon, Bill Gates, l’ancien dirigeant de Microsoft, cultive ses compétences métiers et humaines mêlées en s’astreignant à la lecture d’un livre par jour. D’autres se fixent comme objectif quotidien le visionnage d’une conférence Ted. Une gymnastique  intellectuelle et sensible qui témoigne d’une des caractéristiques du « long life learning » intégrant les soft skills : “L’effacement de la frontière entre le professionnel et le personnel” glisse Béatrice Gherara.

Lien vers kokoroe : www.kokoroe.fr

Lien sur Rober Half : https://www.roberthalf.fr/presse/savoir-mettre-en-valeur-ses-soft-skills-savoir-etre-peut-faire-la-difference

Lien sur l’enquête menée par le World Economic Forum : https://www.weforum.org/agenda/2016/01/which-country-is-most-prepared-for-the-fourth-industrial-revolution

Lien vers le réflexe soft skills : https://www.dunod.com/entreprise-economie/reflexe-soft-skills-competences-leaders-demain

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.