Faut-il repenser le temps de travail ?

La plupart des pays occidentaux sont aujourd’hui habitués à la journée de travail de huit heures et à la semaine de cinq jours. Néanmoins, ne peut-on pas envisager de travailler moins, mais mieux ?

La plupart des pays occidentaux sont aujourd’hui habitués à la journée de travail de huit heures et à la semaine de cinq jours. Néanmoins, ne peut-on pas envisager de travailler moins, mais mieux ?

Juste après la Première Guerre mondiale, le monde du travail a connu une évolution majeure. En effet, en avril 1919, la France décide d’adopter la loi des huit heures, posant ainsi une limite à la durée du travail quotidien, qui pouvait auparavant atteindre douze ou quatorze heures. D’autres mesures de réduction seront ensuite prises, à l’image de la semaine de trente-neuf heures, en 1982, et des lois Aubry de 1998 et 2000, actant le passage aux trente-cinq heures.

Cependant, dans les faits, la journée de huit heures reste d’actualité au sein de la majorité des pays de l’OCDE, et même en France, puisque les dernières lois laissent la possibilité d’une semaine de trente-neuf heures, moyennant l’octroi de jours de RTT.

Vers la fin de la journée de huit heures ?

C’est donc ce modèle qui fait actuellement office de référence, et ce, depuis de nombreuses années. Pourtant, certains observateurs remettent en question cette norme, à l’image de l’entrepreneur Steve Glaveski, qui milite pour une journée de six heures. Selon lui, de façon générale, le temps passé au bureau est loin d’être optimisé. En cause : la multiplication des longues réunions improductives, les sollicitations permanentes, les déplacements professionnels pour rencontrer quelqu’un avec qui on aurait pu échanger à distance… Des éléments qui trouvent d’autant plus d’écho en période de crise sanitaire.

Steve Glaveski a donc décidé d’expérimenter la journée de six heures au sein de son entreprise spécialisée dans l’innovation, Collective Campus. Et d’après lui, la mesure a été profitable non seulement au bien-être de ses employés, mais également à leur productivité. Néanmoins, pour y parvenir, la réduction du temps de travail a dû s’accompagner de nouvelles méthodes : diminution de la durée des réunions récurrentes, désactivation des notifications, interdiction d’importuner un collègue sans raison… Une organisation qui permettrait alors de préserver, voire d’améliorer, la performance de l’entreprise, tout en offrant des journées plus légères aux équipes.

Vers la fin de la semaine de cinq jours ?

D’autres initiatives de ce type ont vu le jour la même année, dont certaines à plus grande échelle. Ainsi, durant le mois d’août 2019, Microsoft Japon a permis à ses 2 300 employés de travailler quatre jours par semaine au lieu de cinq, à salaire égal, les laissant libres le vendredi. Pour des résultats résolument encourageants.

En effet, d’après l’entreprise, l’expérimentation a premièrement été plébiscitée par les collaborateurs, 92 % d’entre eux exprimant leur satisfaction. Elle a, de plus, conduit à une réduction de 25 % du nombre de jours de congés pris durant la période d’étude. Mais surtout, elle aurait été bénéfique sur l’activité de la société, avec une amélioration de 40 % de la productivité (le détail du calcul n’étant toutefois pas communiqué) ! Enfin, la mesure posséderait également des vertus écologiques, en ayant permis de réduire la consommation d’électricité de 23 % et les impressions papier de 59 %.

Bientôt le temps du changement ?

Même si elles ne suffisent pas à tirer des conclusions générales, ces deux expériences laissent penser que le « présentéisme » n’est pas un gage de productivité. Cependant, faire évoluer les habitudes et les mentalités prend du temps. Ainsi, le slogan de revendication « 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos » est apparu dès… 1817, soit plus d’un siècle avant la mise en place effective de la journée de huit heures. Une telle évolution pourrait-elle être adoptée plus rapidement aujourd’hui ? Ce n’est pas certain, tant la question du temps de travail divise l’opinion. L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) semble, elle, avoir tranché. Dans un rapport de mai 2016, elle recommande en effet des dispositifs permettant de « réduire le temps de travail avec un double objectif d’emploi et de meilleure conciliation vie professionnelle et vie privée« .

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.