L’accomplissement professionnel tardif

Tout le monde ne réussit pas sa carrière professionnelle du premier coup. Certains réussissent dans une voie qu'ils n'avaient pas forcément choisie. D'autres tâtonnent des années avant de découvrir et de pouvoir exercer la profession qu'ils souhaitent.

Tout le monde ne réussit pas sa carrière professionnelle du premier coup. Certains réussissent dans une voie qu’ils n’avaient pas forcément choisie. D’autres tâtonnent des années avant de découvrir et de pouvoir exercer la profession qu’ils souhaitent. Comme vous allez le constater, “Réussir tard” ne veut pas dire “rater avant”.

Saviez-vous que Louis de Funès est devenu célèbre au cinéma à plus de 40 ans ? Tout comme l’acteur britannique Alan Rickman, vu notamment dans Harry Potter ? Certes, dans le milieu du show-business, il y a beaucoup de candidats pour peu d’élus. Or, même dans des métiers plus classiques, le succès et l’épanouissement professionnel peuvent arriver sur le tard. En ces temps de terminologies anglophones et d’étiquettes collées sur les individus, les personnes concernées portent même un nom : les “late bloomers”. 

Les difficultés à trouver sa place au travail lorsque l’on est jeune

Depuis bien longtemps déjà, les jeunes sont contraints de choisir une orientation dès la fin du collège. En pleine construction de leur personnalité, la société leur demande donc de choisir une voie et de ne plus en déroger. Il leur reste, dans le meilleur des cas, trois ans tout au plus pour prendre “le bon train”. 

Or à cet âge, certains savent exactement ce qu’ils voudront faire quelques années plus tard. Ils mettent d’ailleurs tout en œuvre pour y parvenir. D’autres sont poussés par leurs parents pour suivre un cursus prestigieux, sans vraiment avoir leur mot à dire. Entre les deux se trouve une catégorie de personnes qui connaissent leurs qualités, mais ne savent pas pour autant vers quelle voie se tourner. 

C’est ainsi que l’on peut se retrouver à vivoter dans une université, entouré là encore de personnes sûres de ce qu’elles font. Après y avoir passé un ou deux ans, il faut se rendre à l’évidence : ce n’est pas le bon cursus. Quelques mois, voire un an, sont parfois nécessaires pour réfléchir de nouveau à son projet professionnel. Si celui-ci semble tout à fait viable, rien ne dit qu’un poste nous tendra les bras à la sortie. Et parfois, d’années de stages en années de CDD, la réussite telle que chacun la conçoit pour lui-même ne pointe toujours pas le bout de son nez. 

Les périodes économiques qui ralentissent la courbe de progression

Ceux qui ont commencé leur parcours professionnel ou démarré un nouveau projet lors de la crise de 2008le savent bien : nombreuses sont les évolutions à avoir été stoppées dans leur progression. Entre décembre 2007 et décembre 2008, 93 000 postes ont ainsi été détruits. Et cela alors que l’année précédente, la France en avait gagné 340 000. 

Selon le rapport de la DARES à l’époque, ce sont les jeunes qui ont le plus pâti de la situation économique. Leur taux de chômage ayant atteint les 20 %. En cette année 2020 chaotique, où des étudiants se retrouvent sur un marché du travail pour le moins compliqué, la situation se reproduit.

D’après une étude du cabinet de recrutement Walters People, la crise de 2020 est avant tout synonyme d’un ralentissement pour l’entrée dans la vie active. En 2019, un étudiant sur trois trouvait un emploi avant la fin de son cursus. En 2020, c’est seulement un sur quatre. 

Cependant, le sondage signale aussi que 67 % des jeunes diplômés sont confiants en leur avenir personnel. En pleine crise, cela reste important, même s’ils étaient 85 % auparavant. De plus, les cadres devraient s’en sortir beaucoup mieux, avec des métiers qui se maintiennent. Même si les salaires ne devraient pas progresser dans les mois qui viennent.  

Les changements d’orientation

En 2015 déjà, le sujet des réussites tardives intéressait les spécialistes du recrutement. Une étude publiée par le site Cadre-Emploi expliquait ainsi que : 

  • 56,5 % des cadres n’exerçaient pas le métier auquel ils pensaient étant jeunes. 
  • Et 4 sur 10 estimaient ne pas être au poste auquel ils se destinaient.

Si de nombreux cadres éprouvent ce sentiment d’avoir pris le mauvais chemin ou d’avoir suivi le sens du vent, ils ne sont évidemment pas les seuls. 

Les changements d’orientation au cours d’un cursus universitaire peuvent en outre se cumuler avec un changement de métier à n’importe quel âge. Pour certains, la crise a d’ailleurs été le révélateur de nouveaux choix ou d’une prise de conscience sur leur carrière. D’autres enfin y voient l’occasion peut-être de réussir là où ils ont toujours souhaité le faire. 

La réalité de la réussite professionnelle tardive

Derrière ces exemples d’individus qui, sur le tard, réalisent qu’ils ne font pas le métier dont ils rêvaient, il existe aussi des parcours moins linéaires. Ce sont justement ceux qui ont connu une orientation compliquée, des études moins assurées et hachées, et un début difficile dans la vie professionnelle. Pour ces parcours aussi, la réussite peut survenir plus tard de différentes manières :

  • Par une reprise de leurs études dans un domaine qui leur plaît véritablement.
  • Par la création de leur entreprise. À cet égard, le statut d’auto-entrepreneur a été et reste un tremplin pour de nombreuses personnes qui souhaitaient lancer leur activité sans prendre de risques. Elles peuvent ainsi réussir dans une activité qui leur plaît, même après 45 ou 50 ans. 
  • Par l’entrée directe dans une nouvelle carrière en autodidacte. 

Quoi qu’il en soit, les carrières sans anicroche ne sont pas rares. Et pourtant, les réussites parmi elles, même tardives, sont nombreuses. Derrière ce constat, ce sont des personnes en grande majorité tenaces qui sont parvenues à contourner les obstacles. Même si, par définition, cela a nécessité du temps, parfois même de longues années.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.