Dossier biais cognitifs | Le syndrome d'Hubris

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Dossier biais cognitifs | Le syndrome d'Hubris

7 février 2020

David Owen, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, a décrit dans un ouvrage intitulé "The Hubris Syndrome", une propension de tous dirigeants à voir le pouvoir transformer leur personnalité.

Médecin, l’auteur s’est intéressé aux transformations de la personnalité des chefs d'État. Il conclut à une "intoxication au pouvoir" qui se traduit par des signaux tels que l'arrogance, le narcissisme et la mégalomanie. Owen décrit 13 comportements révélateurs du syndrome d'Hubris. 

Déjà, dans son ouvrage "The Winner Effect, The Neuroscience of Success and Failure", Ian H. Robertson s’intéressait à une espèce de poisson africaine pour mettre en lumière une réalité physiologique. Cette espèce qui compte deux types différents de mâle : l'alpha, coloré et conquérant qui attire les femelles et vit en surface du lac, l'autre, grisâtre, moins charismatique et devant vivre une existence solitaire dans les bas-fonds. Il arrive que ce dernier puisse prendre, en des circonstances particulières, la place sur le territoire du premier. Le nouveau pouvoir dont il est désormais investi va modifier l'organisme même du poisson suite à une réaction hormonale.

La même chimie opère chez l’humain, le cerveau va subir des modifications par afflux de testostérone. L’addiction créée modifie le comportement, rarement de façon positive, mais le danger ne réside pas uniquement dans cette dépendance.

La confiance en soi que génère l’hormone peut engendrer plusieurs effets :

  • Une image déformée de soi qui entame la faculté d’auto-évaluation,
  • Le paradoxe du pouvoir qui bloquerait la propension à l’empathie, oubliant cette qualité qui normalement est celle qui motive l’ascension vers le pouvoir.

Au 19ème siècle, l'historien et homme politique britannique Lord Acton eut cette formule : 

"Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument".

Pour un dirigeant d’entreprise, il est difficile de se prémunir des effets néfastes de l'Hubris. Là encore, savoir s’entourer est primordial, car, pour un État comme pour une entreprise, c’est l’existence des contre-pouvoirs qui par essence qualifient la démocratie, et leur absence qui constitue une dictature.

La confiance en ses collaborateurs et l’encouragement de leur droit à la parole et de leur sens critique est gage de protection contre ce syndrome.