Dossier biais cognitifs | Le syndrome d’Hubris

David Owen, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, a décrit dans un ouvrage intitulé "The Hubris Syndrome", une propension de tous dirigeants à voir le pouvoir transformer leur personnalité

Le concept de biais cognitif a été développé dans les années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman (prix Nobel en économie en 2002) et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances menant à des décisions irrationnelles dans le domaine économique. De nombreux biais cognitifs ont depuis été mis en lumière par des économistes ou des psychanalystes dans le domaine du travail et l’environnement d’entreprise… Ce sont ces biais spécifiques que tous les acteurs du monde de l’entreprise connaissent auxquels nous allons ici nous intéresser…

David Owen, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, a décrit dans un ouvrage intitulé “The Hubris Syndrome”, une propension de tous dirigeants à voir le pouvoir transformer leur personnalité.

Médecin, l’auteur s’est intéressé aux transformations de la personnalité des chefs d’État. Il conclut à une “intoxication au pouvoir” qui se traduit par des signaux tels que l’arrogance, le narcissisme et la mégalomanie. Owen décrit 13 comportements révélateurs dusyndrome d’Hubris. 

Déjà, dans son ouvrage “The Winner Effect, The Neuroscience of Success and Failure”, Ian H. Robertson s’intéressait à une espèce de poisson africaine pour mettre en lumière une réalité physiologique. Cette espèce qui compte deux types différents de mâle : l’alpha, coloré et conquérant qui attire les femelles et vit en surface du lac, l’autre, grisâtre, moins charismatique et devant vivre une existence solitaire dans les bas-fonds. Il arrive que ce dernier puisse prendre, en des circonstances particulières, la place sur le territoire du premier. Le nouveau pouvoir dont il est désormais investi va modifier l’organisme même du poisson suite à une réaction hormonale.

La même chimie opère chez l’humain, le cerveau va subir des modifications par afflux de testostérone. L’addiction créée modifie le comportement, rarement de façon positive, mais le danger ne réside pas uniquement dans cette dépendance.

La confiance en soi que génère l’hormone peut engendrer plusieurs effets :

  • Une image déformée de soi qui entame la faculté d’auto-évaluation,
  • Le paradoxe du pouvoir qui bloquerait la propension à l’empathie, oubliant cette qualité qui normalement est celle qui motive l’ascension vers le pouvoir.

Au 19ème siècle, l’historien et homme politique britannique Lord Acton eut cette formule : 

“Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument”.

Pour un dirigeant d’entreprise, il est difficile de se prémunir des effets néfastes de l’Hubris. Là encore, savoir s’entourer est primordial, car, pour un État comme pour une entreprise, c’est l’existence des contre-pouvoirs qui par essence qualifient la démocratie, et leur absence qui constitue une dictature.

La confiance en ses collaborateurs et l’encouragement de leur droit à la parole et de leur sens critique est gage de protection contre ce syndrome.

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Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable et constituent les premiers remparts contre les visions court-termistes, le downgrading et la standardisation. Notre objectif est d’établir un rapport humain authentique lors de l’élaboration et la réalisation de nos missions. Nous avons à cœur de nouer un lien de confiance et de transparence avec nos partenaires, vecteur de transformations durables et de changement en profondeur des modèles de communication et de management.