Evolutions des métiers

L’évolution des métiers est une question très sensible car elle suppose aussi la disparition de certaines professions. Pourtant – et ce malgré la crise - il reste des raisons d’espérer pour la pérennité de son propre métier...

Que nous disent les évolutions des métiers des dernières décennies… et pour les prochaines années ?

L’évolution des métiers est une question très sensible car elle suppose aussi la disparition de certaines professions. Pourtant – et ce malgré la crise – il reste des raisons d’espérer pour la pérennité de son propre métier, lequel deviendra éventuellement plus simple par l’apport des outils numériques.

À mesure que les technologies et les besoins ont évolué, les métiers se sont adaptés. Ils ont parfois seulement changé de nom. Pour d’autres, le changement a eu lieu dans les tâches. D’autres ont tout simplement disparu. Quels sont les métiers d’hier qui existent encore aujourd’hui, mais dont l’évolution est inéluctable ? Quels métiers d’aujourd’hui devront se réinventer pour résister ou rebondir ?

Les évolutions des métiers par secteur

Selon les secteurs, les compétences ont toujours évolué, entre polyvalence et nouveaux outils. Mais finalement, peu de métiers – de services en particulier – ont disparu ces 30 dernières années.

Dans le commerce 

  • Les grandes surfaces

Depuis les années 70 à 90, les hypermarchés étaient en plein essor. Des enseignes qui existaient alors, telles que Mammouth, ont aujourd’hui disparu. Si les emplois et compétences ne semblent pas avoir changé a priori, comme la mise en rayon ou le travail en caisse, la plupart des employés des magasins sont devenus polyvalents. Dans le même temps, les coulisses ont évolué, notamment dans le secteur de la logistique avec l’aide du numérique. 

En outre, avant la crise sanitaire, on disait le modèle des hypermarchés en perte de vitesse, supplanté par les surfaces « plus humaines ». Or, confinement oblige, la population s’est ruée dans les grands magasins alimentaires restés ouverts. Lors de la première vague, les hôtesses et hôtes de caisse ont été loués pour leur courage. Pourtant, une autre réalité les poursuit : les caisses automatiques, les scans directement dans le caddie, un caddie robot, ou pire, l’absence totale de personnel dans certains magasins. En Chine, des magasins proposent déjà de payer avec la reconnaissance faciale. Le besoin de relation humaine après cette période de distanciation renversera-t-il la table ? 

  • Les commerces indépendants

Eux aussi ont vu leur activité changer en raison de la crise sanitaire. Leur activité n’avait jusque-là connu que des évolutions mineures. Les boutiques de vêtements, les fleuristes, ces métiers dits « non essentiels » en période de confinement restent pourtant bien ancrés dans la vie des habitants des villes. 

Leur évolution s’est fait peu à peu face aux géants du web auxquels il a bien fallu riposter. Si des boutiques, à commencer par les librairies, ont pu anticiper bien avant avec des sites internet de vente, leur fermeture administrative les a poussées à se lancer dans le click and collect. Autrement dit, les libraires, comme d’autres gérants de magasins, sont devenus des pros de la logistique omnicanale. 

Dans l’industrie 

Dans des secteurs qui se sont fortement robotisés, les compétences humaines résistent. Dans un rapport intitulé “Evolution des métiers et des compétences de l’usine du futur”, l’Afpa, la Région Pays de la Loire, et la CCI ont montré à quel point ce secteur polarise toutes les technologies qui feront évoluer les métiers. Avec le BIM (modélisation des informations, maquette numérique), l’IoT (Internet des Objets), l’impression 3D, l’automatisation des tâches, l’usine du futur se construit. 

Dans le management, la maintenance, la production, la logistique, la relation commerciale : tous les métiers évoluent avec des besoins de compétences qui changent en lien direct avec les technologies. De nouveaux métiers apparaissent dans la conception et l’analyse, comme les Data Scientists qui collaborent directement avec les chefs de projets et les ingénieurs. De même, le robot s’intègre dans les industries non plus comme une menace sur les emplois, mais comme une aide avec le concept de cobotisation, soit la collaboration entre l’homme et le robot. Les tâches deviennent ainsi plus faciles. 

Dans le service à la personne

Selon l’étude de France Stratégie et de la DARES réalisée entre 2008 et 2014 pour des projections à 2022, les services à la personne se maintiendront. Ceux-ci, toujours d’après cette analyse, ne sont pas sensibles aux différents scénarios macroéconomiques. 

Le vieillissement de la population et les besoins des particuliers, aidés par les crédits d’impôt, ont contribué à l’augmentation des services à la personne de 12 % par an environ. Les métiers en eux-mêmes n’ont pas évolué, mais le secteur s’est structuré. Dans le futur, on peut imaginer que les robots pourront, dans un monde idéal, venir en appui des personnels pour faciliter notamment le soin des personnes. 

L’évolution des métiers par les outils informatiques

Contrairement à des projections qui verraient les emplois d’aujourd’hui disparaître au profit de la technologie, les professionnels sont plus mesurés. 

Quel est l’impact des outils numériques sur l’évolution du travail ?

Selon un sondage OpinionWay paru en mars 2019, 63 % des personnes interrogées estiment que leur métier ne disparaîtra pas, mais qu’il évoluera. Pour 75 %, ces changements seront dus aux bouleversements technologiques. 

Mais lorsque l’institut leur demande si les technologies actuelles ont une influence sur leur poste, c’est avant tout sur le temps de travail que leurs réponses sont étonnantes. Pour 78 %, le temps de travail va rester le même, voire augmenter, et cela, malgré l’apport des technologies.  

Plus tard, l’expérience du télétravail obligatoire aura par ailleurs laissé quelques traces. Beaucoup de salariés ont fait l’expérience de journées plus longues que sur site. Ainsi, à distance, on travaillerait en moyenne 4 heures de plus par semaine qu’en entreprise. 

Les anciennes projections avaient tort

D’une manière générale, l’évolution des métiers repose avant tout sur les nouveaux outils, notamment d’automatisation. Ceux-ci devront au contraire faire gagner du temps et, dans le meilleur des cas, en donner plus pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. 

Le risque de la perte d’emploi demeure néanmoins vivace, bien qu’elle soit quasiment impossible à déterminer. Comme l’a rappelé un professeur de finance dans Les Echos en janvier 2020, les précédentes projections se sont trompées. Il n’y a par exemple pas eu de délocalisations massives ou de baisse de travail pour les cadres comme on pouvait le craindre.

La technologie et la robotisation sont certes des éléments à prendre en considération, mais elles agissent principalement, à l’heure actuelle, sur l’évolution des compétences. Les actifs, principalement des secteurs tertiaires et industriels, doivent avant tout se former aux outils numériques pour se maintenir dans l’évolution globale du travail.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.