Index égalité professionnelle : du mieux mais encore loin des 100 points

En vigueur depuis 2018, cet indicateur vise à contribuer à la réduction des écarts de salaire entre les femmes et les hommes au travail. Le Ministère du travail vient d’en dresser un premier bilan depuis sa mise en place.

85 points pour la France à l’Eurovision… non à l’index égalité professionnelle. En vigueur depuis 2018, cet indicateur vise à contribuer à la réduction des écarts de salaire entre les femmes et les hommes au travail. Le Ministère du travail vient d’en dresser un premier bilan depuis sa mise en place. Encourageant mais insuffisant.

Un index égalité moyen à 85/100

Au titre de l’année 2020, 27 436 entreprises ont déclaré leur index, soit 8 entreprises sur 10 soumises à l’obligation légale. Elles obtiennent en moyenne une note de 85 sur 100. Mais comme derrière toute moyenne, se cachent des disparités. Les boites de 50 à 250 salariés scorent à 84,5 versus 88 pour les 1 000 ou plus. A noter que seuls 2,5 % de l’ensemble des entreprises obtiennent 100 points, tandis que 37 % obtiennent une note supérieure à 90. « 12 % ont une note inférieure à 75 et, là encore, cette proportion est plus élevée pour les entreprises qui comptent entre 50 et 250 salariés (14 % vs 3 % pour les entreprises de 1 000 salariés ou plus) », souligne la Dares.

Des index globalement en progression mais en trompe l’œil

Quelle que soit leur taille, les entreprises qui voient progresser leur index augmentent leur note d’une dizaine de points en moyenne depuis leur première déclaration. Mais cette augmentation moyenne masque là encore des disparités. « Ainsi, parmi les grandes entreprises dont l’index progresse, la moitié enregistre une hausse d’au moins

10 points ; pour les plus petites, l’augmentation médiane est plus limitée à 7 points », souligne la Dares. Par ailleurs, 23 % des très grandes entreprises 40 % des petites entreprises affichent un index en baisse sur trois ans.

Les écarts entre les 10 plus hautes rémunérations toujours problématiques

Cet écart pêche encore (et toujours) dans les entreprises et notamment les plus grandes. Ces dernières n’obtiennent qu’un médiocre 3,8/10. Et les auteurs de l’étude de constater que « ainsi, dans ces structures, en moyenne, moins de deux femmes ou deux hommes font partie des dix salariés les plus rémunérés ». Le score est de 4,7/10 pour les sociétés de 251 à 999 salariés, et 5,6/10 pour les plus petites structures. Plus raisons peuvent expliquer cet écart. D’abord la ligne hiérarchique plus courtes dans les plus petites structures permettant aux femmes de négocier plus directement leur salaire et surtout d’avoir une idée plus précise des montants accordés à leurs homologues masculins. Le fait que davantage de femmes dirigent des petites PME peut aussi plaider en faveur de la réduction des écarts entre les hautes rémunérations. 


Le barème de l’index égalité

Pour atteindre un score sur 100, les entreprises doivent répondre à ces 5 critères.

40 points : écart de rémunération femmes et hommes hors primes collectives à poste et âge comparables

20 points : écart de répartition des augmentations individuelles du salaire de base

15 points : écart de répartition des promotions

15 points :  part des salariées augmentées à leur retour d’un congé maternité

10 points : parité des 10 plus hautes rémunérations