Recrutements : quels métiers en 2030 ?

Devenez, à votre échelle, acteur du changement ?

Vos idées nous intéressent, votre opinion nous importe et votre point de vue est essentiel.

Proposez votre contenu

Recrutements : quels métiers en 2030 ?

13 septembre 2022

En mars 2022 France Stratégie[1] et la Dares[2] ont présenté un rapport, le quatrième du genre, dressant un inventaire des métiers à horizon 2030. “Les métiers en 2030” intègre à la fois les grandes tendances observées par le passé et les évolutions attendues sur les plans démographiques, économiques, technologiques et environnementaux. 

Cet exercice prospectif, basé sur la modélisation d’une trajectoire économique, se veut un appel à l’action. Il entend alerter les différents acteurs, pouvoirs publics, organismes de formation, entreprises, des futurs besoins en main d’œuvre, indiquer les secteurs qui recrutent plus ou moins facilement, les secteurs en crise, les déséquilibres démographiques entre les départs à la retraite et leurs remplacements.

8 millions d’emplois à pourvoir d’ici 2030

Selon le rapport réalisé par France Stratégie et la Dares, au total 8 millions d’emplois seront à pourvoir d’ici 2030, soit environ 800 000 par an. L’essentiel des postes sont liés à des départs en fin de carrière : retraite, maladie ou invalidité ou encore éloignement du marché du travail. Près de 25 % des personnes en emploi aujourd’hui vont finir leur carrière dans les dix prochaines années.

Plus de 40% des employés de maison, aides à domicile et ménagères, connaitront un départ à la retraite dans les prochaines années. En parallèle, les besoins augmenteront, ce qui créera de nouveaux emplois.

La hiérarchie des métiers avec le plus de postes à pourvoir est très différente de celle des métiers les plus créateurs d’emplois. Le métier d’ingénieur informatique, le plus créateur d’emplois (180 000), sera le seul où les postes à pourvoir dépasseront les départs en fin de carrière. En revanche, certains métiers ne se classent pas parmi les plus créateurs d’emplois comme les agents d’entretien ou les enseignants. Pourtant, ils sont numériquement très nombreux, ce qui en fera les métiers avec le plus grand nombre de postes à pourvoir d’ici horizon 2030, respectivement 462 000 et 328 000.

Près d’1 million d’emplois créés

Le scénario envisagé par le rapport tient compte de deux éléments structurels: le télétravail et une préférence pour la santé.

Sur le million d’emplois créés on note une affirmation des tendances déjà présentes à savoir la spécialisation de la France dans les services qualifiés aux entreprises et plus particulièrement le numérique boosté par la pandémie, le conseil, l’événementiel, l’aide et le soin aux personnes fragiles. Le vieillissement de la population et la perte d’autonomie liée au grand âge nécessitent une prise en charge adaptée.

Parmi les métiers créateurs d’emplois on peut citer les ingénieurs informatiques, cadres commerciaux, infirmiers et aides soignants, ouvriers manutentionnaires ainsi que tous les métiers de la logistique. En effet, la progression du e-commerce nécessite de la main d’œuvre pour l’entreposage, la manutention, le transport etc.

Les destructions d’emplois : agriculture, administration, industrie

Le rapport indique aussi les destructions d’emplois à commencer par un secteur particulièrement touché, l’agriculture. Il attire peu les jeunes, la concentration des exploitations est défavorable à l’emploi. Ceci dit dans le scénario « bas carbone » imaginé par France Stratégie, on pourrait avoir un ralentissement des destructions d’emplois. Si l’on atteint  la neutralité carbone en 2050, l’agriculture devient un moyen de séquestration du carbone avec une progression du bio, requérant davantage de main d’oeuvre.

Le deuxième pan destructeur d’emplois correspond aux services centraux de l’administration à savoir les services régaliens, les fonctionnaires de catégorie C : assistants administratifs, secrétaires, assistants comptables. Ces métiers désormais en partie automatisés, continueront à l’être.

L’industrie sera le troisième secteur confronté aux destructions d’emplois avec une particularité: des résultats contrastés selon les métiers. Alors que les métiers d’ingénieurs et cadres dans l’industrie créeront des emplois, les ouvriers verront le nombre d’emplois diminuer. Le rapport souligne néanmoins une dynamique de destruction d’emplois plus faible que par le passé, en raison de l’atteinte de seuils dans l’externalisation de certaines fonctions et des politiques en faveur de la ré-industrialisation.

Pour la première fois ce rapport apporte des indications sur le nombre de débutants, l’objectif étant d’anticiper le nombre d’entrées sur le marché du travail par métier. Par ailleurs, il tente de mesurer l’impact des changements de métiers en cours de carrière, un phénomène désormais courant. Parmi elles, les reconversions et les changements de métiers liés à des évolutions de carrières. Si une partie de ces mobilités peut être anticipée, une autre dépendra de la conjoncture, de la dynamique des métiers.

Pour consulter le rapport : https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2022-pmq-rapport-mars_4.pdf


[1] institut d'expertise rattaché au Premier ministre

[2] La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques