Rédiger une offre d’emploi : 5 erreurs à éviter

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Rédiger une offre d’emploi : 5 erreurs à éviter

22 juin 2022

Un recrutement est souvent un chemin semé d’embûches. Et cela commence dès la rédaction de l’offre d’emploi. Copier-coller, jargon incompréhensible, recherche du mouton à cinq pattes… Ces 5 erreurs courantes risquent de ralentir votre quête du profil idéal, voire de vous placer dans l’illégalité.

La rédaction d’une offre d’emploi est un exercice plus difficile qu’il n’y paraît. Car aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de lister ses critères de recherche, mais aussi de séduire les meilleurs talents. Après les 6 conseils permettant de rendre une annonce percutante, voici les 5 principaux pièges qu’il vaut mieux éviter pour attirer les bons profils, et uniquement ceux-là.

1. Copier-coller une autre offre d’emploi

Rédiger une annonce peut sembler fastidieux. Certains pensent alors tenir une idée de génie : pourquoi ne pas simplement reprendre ce qui a déjà été fait ? Problème : il est difficile de montrer sa spécificité lorsqu’on copie sur le voisin. Or, tout l’enjeu d’une offre d’emploi réside dans la capacité à se différencier. Il convient donc de bannir le copier-coller. Et cela vaut tant pour vos précédentes annonces que celles de vos concurrents. Car vos valeurs ne sont pas nécessairement les mêmes que celles de vos rivaux.

Bien entendu, vous pouvez reprendre quelques éléments déjà rédigés, comme la description succincte de votre société. Néanmoins, évitez de copier tel quel le descriptif d’un poste chez un concurrent ou de reproduire des présentations éculées, telles que « Entreprise à taille humaine, VotreFuturEmployeur est l’acteur leader de son marché… » Si vous ne prenez pas la peine de personnaliser vos offres d’emploi, ne vous attendez pas à recevoir autre chose que des candidatures sans personnalité.

2. Ne parler que de l’entreprise

La présentation de l’employeur est évidemment indispensable dans une annonce. Cependant, cela ne doit pas constituer le cœur de l’offre d’emploi. Ainsi, il n’est pas forcément utile de refaire toute la genèse de l’entreprise, de détailler la croissance sur ces quinze dernières années ou de dresser la liste de tous les membres du Comex. Le but ici n’est pas d’être exhaustif, mais de présenter brièvement au candidat ce qui sera peut-être son futur employeur. De plus, cela peut (et doit) lui donner envie de visiter votre site pour en savoir davantage…

Par ailleurs, il convient de garder à l’esprit que recruter consiste à créer une relation professionnelle entre deux parties, l’employeur et le candidat. Il faut donc aussi aider ce dernier à se projeter dans le poste. Par conséquent, adressez-vous à lui directement en lui présentant ses futures missions, son futur cadre de travail, sa future place dans l’équipe… En bref, faites venir le poste à lui.

3. Utiliser un jargon propre à l’entreprise et incompréhensible

« Au sein du département DFY, vous challengerez notre ambition multidirectionnelle, via une coordination transversale des SBD de votre périmètre. » Avez-vous compris cette description à peine caricaturale ? Est-ce que cela vous donne envie de rejoindre l’effectif de cette entreprise certainement leader sur son marché ? C’est peu probable. Dans votre annonce, vous avez intérêt à vous montrer accessible. Par conséquent, évitez le jargon ou les sigles uniquement compréhensibles de vos équipes et employez un vocabulaire clair.

Vous pouvez néanmoins employer des abréviations si vous estimez que le candidat se doit de les connaître. Par exemple, si vous cherchez un expert CRM, il vaut mieux qu’il sache déjà ce que signifie ce sigle…

4. Rechercher un mouton à cinq pattes

« Titulaire d’un doctorat de médecine et d’un master d’histoire de la philosophie, vous parlez couramment français, anglais, espagnol, cantonais et provençal. Vous êtes expert(e) de votre domaine et très polyvalent(e), vous adorez le travail en équipe, tout en étant indépendant(e), votre créativité est sans limite et vous vous épanouissez dans un cadre strict… » À l’image de cet exemple exagéré, une recherche irréaliste s’avérera souvent infructueuse. Non seulement vous ne trouverez pas le profil de vos rêves, mais vous risquez aussi de recevoir très peu de candidatures. Il n’y a en effet rien de plus décourageant pour un candidat que de se heurter à une liste interminable de critères « indispensables ».

Cela ne doit toutefois pas vous empêcher de lister les qualités recherchées de manière claire et précise. Si vous ne voulez pas lire que des lettres de motivation d’individus « dynamiques et motivés », ne vous contentez pas de chercher des candidats « autonomes et rigoureux »…

5. Travestir la réalité (ou, dit plus clairement, mentir)

Puisque le recrutement s’apparente à une opération séduction professionnelle, il peut être tentant d’exagérer les atouts de l’employeur et de camoufler ses faiblesses. Voire d’aller jusqu’à falsifier la réalité. Après tout, la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? C’est pourtant une (très) mauvaise idée. Premièrement – et cet argument devrait être suffisant – parce que c’est illégal. En effet, l’article L5331-3 du Code du travail indique qu’il est interdit d’inclure des « allégations fausses ou susceptibles d'induire en erreur » dans une offre d’emploi, notamment quant à « la nature et la description » du poste. Et de toute façon, il y a peu de chances que cette méthode vous soit bénéfique. Bien sûr, si votre annonce paraît idéale, vous recevrez de nombreuses candidatures. Mais pas forcément les bonnes. Vous allez donc perdre du temps à trier les profils, pour ne retenir que ceux correspondant à vos critères. De plus, à la fin du processus, lorsque le candidat retenu s’apercevra de la supercherie, il préférera probablement tourner les talons. Il ne vous restera alors plus qu’à reprendre votre recherche depuis le début. Mais dans l’urgence.