Analyse de matérialité : un outil de RSE

La hiérarchisation des enjeux sociétaux est un exercice difficile pour les entreprises, notamment pour les PME. Pourtant, il s’agit d’une obligation légale pour les entreprises à adopter des pratiques de RSE. Eclairage sur cette nouvelle obligation de reporting : l’analyse de matérialité.

La hiérarchisation des enjeux sociétaux est un exercice difficile pour les entreprises, notamment pour les PME. Pourtant, il s’agit d’une obligation légale depuis la loi dite Grenelle II de 2010 incitant directement les entreprises à adopter des pratiques de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Eclairage sur cette nouvelle obligation de reporting : l’Analyse de matérialité.

Une obligation légale

Issue des pratiques anglo-saxonnes dans le domaine financier, l’analyse de matérialité se définit comme une hiérarchisation réalisée par les entreprises des priorités mises en œuvre dans le cadre de la politique RSE, et dans l’analyse de l’impact réel de cette stratégie.

En France, l’obligation d’établir un rapport RSE imposée par l’article 225 de la Loi Grenelle II du12 juillet 2010, engendre des contraintes formelles et techniques pour les entreprises en termes de transparence et de lisibilité. En pratique, la loi impose de fournir des informations complètes sur trois pôles : Environnement, Sociétal, Social.

Environnement :

  • Politique générale en matière environnementale ;
  • Pollution et gestion des déchets ;
  • Utilisation durable des ressources ;
  • Changement climatique ;
  • Protection de la biodiversité.

Sociétal :

  • Impact territorial, économique et social de l’activité́ de la société́ ;
  • Relations entretenues avec les personnes ou organisations intéressées par l’activité de l’entreprise ;
  • Sous-traitance et fournisseurs ;
  • Loyauté́ des pratiques ;
  • Droits de l’Homme.

Social :

  • Emploi ;
  • Organisation du travail ;
  • Relations sociales ;
  • Santé et sécurité́ ;
  • Formation ;
  • Diversité́ et égalité́ des chances / égalité́ de traitement ;
  • Promotion et respect des stipulations des conventions fondamentales de l’OIT relatives.

En savoir plus : Analyse du Cabinet Ernst & Young sur les nouvelles obligations de transparence sur les informations environnementales, sociales et sociétales

Une telle analyse a pour objectif premier la clarté dans les objectifs poursuivis par l’entreprise mais également la mise en place d’une cohérence dans la conduite de la politique RSE : agir efficacement et stratégiquement, dans le sens noble du terme, dans la conduite de la réputation de l’entreprise (éviter tous les types de “washing”, cibler sa communication, affirmer un “sens” à ses actions).

La matrice de matérialité

En l’espèce, la mise en place de l’analyse de matérialité est complexe, aussi, le web foisonne de cabinets de conseils en la matière fournissant un outil, plus ou moins efficace : la matrice de matérialité.

L’analyse de matérialité est un exercice difficile qui n’a de sens que lorsqu’il est entrepris dans un esprit “sincère” et empreint de sens, et non comme une réponse à une obligation légale. Appréhender les enjeux RSE d’une entreprise dans une forme concrète, lisible, compréhensible et transparente… tel est l’objectif de la matrice.

Cette matrice demande un travail d’implication de l’entreprise à tous niveaux :

  • Une réflexion de fond tout d’abord pour déterminer les enjeux de son activité ;
  • Une implication des équipes dans le processus d’élaboration ;
  • Une étude des ressentis de la clientèle ;
  • Une volonté d’implication de personnes externes (fournisseurs, partenaires…).

Le maître-mot de la démarche doit donc être implication. Cet engagement commun est gage à la fois de conformité du résultat de l’analyse avec les engagements réels de l’entreprise mais également de cohésion des équipes dans un travail commun porteur de sens pour cette même entreprise.

De plus, en interrogeant les personnes externes à l’entreprise, celle-ci peut mettre au jour des désalignements éventuels entre l’ambition de l’entreprise et la perception que les autres en ont, entre sa volonté et sa traduction dans la communication, entre son marketing et la lecture qui en est faite…

Au final, la cartographie réalisée à l’aide de la matrice va permettre de hiérarchiser les enjeux, de guider avec pertinence les choix stratégiques de l’entreprise et de mettre en adéquation les valeurs que celle-ci souhaite véhiculer et promouvoir avec les moyens à y consacrer. Dès lors, rationnaliser la prise de décision devient plus aisé et cohérent.

Loi Grenelle II du 12 juillet 2010

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.