2021 : la double transition écologique et numérique s’impose aux entreprises

Deux tendances majeures ont été observées dans le cadre de la crise sanitaire : travailler en distanciel et réviser son offre de services en faveur de l’écologie.

Deux tendances majeures ont été observées dans le cadre de la crise sanitaire : travailler en distanciel et réviser son offre de services en faveur de l’écologie. Le premier trimestre 2021 est idéal pour prendre du recul sur l’année 2020 et prendre conscience que la loi anti-gaspillage entre en vigueur cette année.

Depuis plus d’un an, chaque salarié a appris à travailler depuis son domicile en s’adaptant, bon gré mal gré, au tout numérique : organisation de son intérieur, changement de forfait pour la fibre, connexion sécurisée en VPN, ouverture des accès aux applications de l’entreprise. La transition numérique s’est installée jusque dans le management : mener des réunions à distance, coordonner les opérations, transformer les soirées de fin d’année en quizz virtuel…salariés comme services marketing et services clients se sont totalement digitalisés. Pour certains le numérique est ancré dans l’ADN, pour d’autres il faut encore bricoler dans l’urgence.

La transition s’est poursuivie par un réveil écologique : amélioration de la qualité de l’air, chute des émissions de CO2, observation d’une faune libérée et conscience de la dépendance à la Chine si lointaine. Le local revient en force, car la survie économique et sociale tant qu’écologique en dépend. En effet, la double transition écologique et numérique s’impose aux entreprises : elle élève le niveau d’exigence des clients quant aux délais de livraison et l’origine des produits et celui des Etats poussés par leur population. La loi anti-gaspillage votée en 2017 en France accélère l’intégration de l’économie circulaire d’un cran tous les 5 ans. Il est temps de revisiter les offres par la transition numérique et écologique car la loi est applicable dès 2021.

L’impact économique du Covid-19 en France accélère le changement

La crise sanitaire de 2020 engendre des dégâts considérables en France plus qu’ailleurs.

Selon la dernière étude de PAC parue en Janvier 2021, une réduction du PIB de 9,1% en France est à noter sur l’année 2020, quand la moyenne européenne affiche 7,5% et seulement 4,2% dans le monde !

Parmi les entreprises françaises qui subissent le plus cette nette baisse de productivité, 46% sont issues des services et 40% du secteur de l’industrie : le divertissement et les loisirs, la restauration, l’hébergement, l’éducation, l’immobilier, le commerce de gros et de détail sont particulièrement concernés. Le transport, la logistique, le tourisme ont déjà enregistré des pertes colossales qui se poursuivront en 2021. L’industrie a très mal vécu le confinement car les salariés qui se postaient derrière leurs machines se retrouvent au chômage partiel. L’aéronautique et l’automobile n’avait pas vécu une telle crise depuis les années 70 : l’aviation rentre dans le collimateur, le rail va relancer les lignes courtes, le transport fluvial et routier devront réduire leurs émissions de carbone. Les 180 grands comptes en France qui alimentent des myriades des PME qui subissent trop de restrictions et de manque de visibilité pour survivre. Attendons-nous à des réorganisations et des fusions-acquisitions massives dans les années à venir prédisent les analystes.

L’impact économique reste disparate selon les secteurs

La consommation en France affiche + 0,5 % par an, alors qu’avant 2008 elle culminait à 2%.

Pourtant, de gigantesques centres commerciaux multiplient les offres alors que l’e-commerce représente à lui seul 100 milliards d’euros. Le déséquilibre entre offre et demande devient délirant, en voici la preuve : le Retail, prend de plein fouet l’absence de fréquentation. Résultat : fermeture de magasins chez Nocibé, Etam, Promod, Sephora. Faillites de la Halle, André, Naf-Naf, Damart. Redressement judiciaire ou dépôt de bilan pour Conforama, Orchestra, Alinea, Courtepaille, Flunch. Le commerce de détail n’a pas été assez rapide pour basculer au numérique. Créer des Pages Facebook Pro à la dernière minute démontre que le e-commerce n’est pas dans l’ADN. Un site web ne suffit plus, il faut y ajouter le service après-vente, l’automatisation de la logistique pour éviter les envois tardifs, générateur d’annulations. L’e-commerce est une chaine complète à laquelle le secteur s’est confronté en urgence. Ceux qui ont pris le virage de l’offre en « phygital » il y a 5 ans s’en sont sortis de peu, mais pour combien de temps quand l’appel à la décroissance croit chaque année.

Quant aux services publics et les télécoms, les utilities (eau, énergie), ils ont maintenu leur activité, essentielle au fonctionnement de tous. Leurs offres se sont adaptées, promotions et gratuités se sont multipliés pour “soutenir l’économie”. De même, les entreprises des services numériques font tourner les systèmes, les infrastructures et les applications métier des entreprises clientes. Comme tous les projets informatiques se font en équipe, le confinement a juste reporté leur déploiement. Mais ils seront relancés, condition de l’efficience générale. De plus, les services en Cloud moins onéreux et technologiquement plus souples assurent accès distants sécurisés et continuité de service, indispensables à la reprise.

La transition écologique passe par l’intégration de l’économie circulaire dans l’offre de produits ou de services dès 2021

La loi anti-gaspillage a pour ambition d’accélérer le changement de modèle de production et de consommation afin de limiter les déchets, préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat. Elle fixe un cadre pour produire, consommer, jeter, réutiliser les biens afin de créer une économie circulaire respectueuse de l’environnement. Le Loi aborde les thématiques suivantes : sortir du plastique jetable, mieux informer les consommateurs, lutter contre le gaspillage par le réemploi solidaire, agir contre l’obsolescence programmée et mieux produire.

Tous les secteurs seront concernés par la transition écologique dès 2021

En voici quelques exemples : remplacer la vaisselle jetable des fast-food par de la vaisselle réutilisable, introduire une consigne mixte (réemploi et recyclage), favoriser le vrac pour réduire les emballages, faire ajouter un filtre à microfibres sur les lave-linges neufs, interdire les boîtes en polystyrène et les sacs en plastique, le suremballage des fruits et légumes frais. Il est possible d’apporter un contenant réutilisable dans les commerces de vente au détail, les jouets offerts pour l’achat d’un repas sont proscrits. Les opérateurs doivent communiquer l’équivalent carbone de la consommation internet et mobile : si un abonné consomme 20 Go de data, il connaitra son impact environnemental.

Dans le marketing de l’offre, intégrer la réparation, le réemploi, le recyclage du produit, voire son éco-conception va rapidement devenir la norme. En effet, la garantie légale de conformité prévoie d’obtenir gratuitement la réparation ou le remplacement d’un produit détérioré dans les 2 ans après l’achat, 6 mois s’il est d’occasion. Les réparations des pannes courantes doivent figurer sur la notice d’utilisation. La disponibilité des pièces détachées doit être connu du consommateur. Quant au réparateur, il proposera des pièces issues de l’économie circulaire.

La loi met également fin à l’élimination des invendus « non alimentaires » : une première mondiale qui encourage le don aux associations de lutte contre la précarité et le recyclage et contraint les industriels à mieux gérer leur production : la vente de médicaments se fera à l’unité par exemple.Les producteurs soumis aux filières “pollueur-payeur” devront élaborer un plan d’actions de prévention et d’écoconception. D’ici 5 ans leurs produits devront contenir des matières recyclées et devenir recyclables.

La prise en compte de la double transition écologique et numérique n’est donc pas une coquetterie, mais bien une des priorités pour éviter les pénalités réglementaires et répondre aux nouvelles attentes.

La crise de conscience : entre numérique et écologie

Pour ce faire l’Etat tente l’accélération et crée un plan de relance de 100 milliards d’euros sur 2 ans

30 milliards seront consacrés à la transition écologique, merci à l’Affaire du siècle ! 35 milliards seront destinés à soutenir l’innovation : 20 milliards seront réservés à la baisse de la fiscalité des entreprises et 3 milliards seront attribués aux PME et ETI fragilisées. Près de 3 milliards seront distribués aux projets innovants et à la relocalisation des approvisionnements stratégiques ou critiques.

La crise de conscience des acteurs économiques et sociaux vis-à-vis de cette double transition implique de :

1) Revoir le business model : la numérisation de l’offre se retrouvera dans tous les secteurs et tous les métiers avec une forte valorisation de “l’Expérience client” et de l’intégration de l’environnement dans le transport et la logistique des produits et une limitation du nombre de déplacements des personnes dans les services.

2) Numériser les processus métier c’est passer par la dématérialisation et l’automatisation des processus, la reconnaissance d’images, la gestion du travail à distance. Intégrer la data et l’utilisation de plateformes en cloud pour monétiser les services et échanger de l’information pertinente avec les clients.

3) Intégrer l’économie circulaire à l’offre de produits et de services donc : de se réorganiser en interne, d’ouvrir le travail collaboratif à tous les acteurs de la chaine de valeur, d’investir en écoconception et de réviser le travail marketing en le rendant plus social, plus responsable et plus authentique et inclusif. Cette double transformation numérique et écologique prend de multiples facettes et offrira beaucoup d’opportunités à tous les corps de métiers capables d’agilité et d’adoption des nouvelles habitudes. L’Etat a bien compris que l’enjeu de la transition numérique et environnementale suppose soutien, encadrement et formation. Reste à chacun de saisir sa chance car TOUT ne peut pas venir du Gouvernement.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.