Climat, les entreprises en ordre de marche

La Convention des Entreprises pour le Climat, c’est parti ! Une expérimentation innovante qui ne cache pas ses visées politiques à quelques mois de l’élection présidentielle.

La Convention des Entreprises pour le Climat, c’est parti ! Pendant neuf mois, 165 dirigeants et dirigeantes français vont se former, échanger, établir des feuilles de route et mobiliser les politiques. Objectif : construire, sur fond d’urgence climatique, de nouveaux modèles économiques respectueux du vivant. Une expérimentation innovante qui ne cache pas ses visées politiques à quelques mois de l’élection présidentielle.

Si la Convention Citoyenne pour le Climat est née d’une volonté politique, la Convention des Entreprises, qui s’en inspire, est le fruit d’une poignée d’acteurs du changement réunis sous forme d’association.  

Soixante-dix bénévoles aux objectifs ambitieux : aider le monde économique à faire face à l’urgence climatique dans la lignée des ambitions européennes : -55% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

Parmi eux, Eric Duverger. Cadre chez Michelin depuis plus de 20 ans, ce directeur marketing global a pris deux années sabbatiques  pour co-créer la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC).

Lancée en septembre 2021, elle réunit 165 dirigeants et dirigeantes d’entreprises sélectionnés parmi 500 candidatures. “Nous avons misé sur la diversité avec des sociétés de toutes tailles, venues de toute la France et représentatives de l’ensemble des secteurs d’activité”, explique-t-il.

Pas d’entreprises du CAC 40, cependant, dans la liste – elles n’ont pas répondu à l’appel – mais des filiales de grands groupes, comme Saatchi & Saatchi, propriété de Publicis, des entreprises engagées (Nature & Découvertes), des acteurs de la santé, (les laboratoires Boiron), des start-ups (FoodChéri) ou encore Daniel Hechter, Heineken, Caterpillar, le Palais de Tokyo, le groupe SOS…

Toutes vont suivre jusqu’en juin 2022, un programme d’échanges et de travaux pratiques axés sur les nouveaux modèles économiques soutenables. Différents thèmes seront abordés en six sessions et douze jours pleins : raison d’être, gouvernance, marketing, communication, finance, comptabilité, ressources humaines…

“Nous souhaitons canaliser les énergies, créer de sauts de conscience et accélérer les transitions avec un parcours apprenant-agissant qui met les feuilles de route des entreprises à la hauteur des enjeux écologiques. Si nous réussissions, nous aurons contribué à modifier les modèles d’affaires”, explique Eric Duverger.

Pour réussir, la CEC mise sur l’implication personnelle du dirigeant. “Elle est essentielle pour qu’une entreprise fasse son maximum. Or on note encore beaucoup de patrons sous-informés ou qui considèrent la RSE comme une simple fonction support”, note Eric Duverger.

En rejoignant le CEC, les participants, signataires d’une charte d’engagement, devront in fine présenter une feuille de route la plus détaillée et la plus ambitieuse possible sous l’œil expert d’un comité de garants.

Pour faire la différence, le CEC mise également sur la dynamique de groupe.  “Les enjeux sont difficiles, complexes, il y a de nombreux freins à lever, des injonctions souvent contradictoires. Le collectif va permettre de garder le cap malgré les turbulences”, poursuit Eric Duverger.

Vu le nombre de candidatures, le CEC a visiblement séduit. “Nous avons jusque-là cherché à faire mieux en travaillant en cercle fermé. Mais cela a ses limites lorsque l’on touche à l’approche globale de l’économie circulaire”, explique Sophie Robert-Velut. La directrice générale dermo-cosmétique d’Expanscience, groupe familial labellisé B Corp, compte s’ouvrir aux idées nouvelles et aux bonnes pratiques. “La compétitivité n’a pas lieu d’être sur les sujets environnementaux et sociaux. C’est l’union qui fait la force”, poursuit-elle, ravie également de côtoyer des entreprises aux degrés d’engagement divers.

Certaines n’ont pas, en effet, commencé leur transformation climatique. C’est le cas de Renault Trucks. “Je suis un quinquagénaire ébranlé par les dérèglements climatiques et bien conscient de l’image déplorable des poids lourds”, explique Christophe Martin, son directeur général. “J’intègre la CEC avec l’envie d’écouter et de comprendre. D’autant que mes équipes sont enthousiastes à l’idée de porter un projet qui fait sens. J’espère in fine pouvoir essaimer auprès de mes clients et de mes concurrents alors que nous sommes leader en France avec 30% de part de marché”, poursuit-t-il.

Faire boule de neige, en donnant le la au marché est bien l’effet recherché par la CEC. D’où sa volonté d’agir avec les politiques de tous bords.

“Pour un dirigeant, réduire l’impact sur l’environnement équivaut souvent à augmenter les coûts et donc à diminuer la rentabilité de son entreprise. S’il agit seul, il sera vertueux mais désavantagé face à ses concurrents. Il faut donc pousser l’Etat à réguler pour l’ensemble d’un secteur”, explique Eric Duverger. Une bonne dose de lobbying est donc aussi à l’ordre du jour.

Reste à savoir si le CEC connaîtra le même sort que la Convention Citoyenne pour le Climat. Le CEC est confiant. A l’heure de l’élection présidentielle, la voix des acteurs économiques, créateurs de richesses, devrait avoir plus de poids que celle de citoyens tirés au sort.

L’heure est quoiqu’il en soit propice à l’écologie et aux propositions nouvelles.

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Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.