Coronavirus : les autres symptômes provoqués par la fracture numérique

Le confinement général, induit par la propagation du coronavirus, a poussé à l’utilisation massive de solutions en ligne. Malheureusement, la fracture numérique nous rappelle que tous les citoyens ne sont pas égaux devant l’adoption de ces outils

Fièvre, difficultés respiratoires, perte du goût et de l’odorat… Ces symptômes, caractéristiques du Covid-19, sont désormais bien connus. Mais la pandémie n’a pas seulement touché la santé des individus, elle a aussi mis en exergue certaines inégalités à l’échelle de notre société, voire du monde entier. Car le confinement général, induit par la propagation du coronavirus, a poussé à l’utilisation massive de solutions en ligne. Malheureusement, la fracture numérique nous rappelle que tous les citoyens ne sont pas égaux devant l’adoption de ces outils.

Les effets secondaires du confinement

Le stress du télétravail

Premièrement, la crise sanitaire a inévitablement chamboulé le monde de l’entreprise. Contraintes de s’adapter, de multiples organisations ont trouvé dans le télétravail un moyen d’assurer une certaine continuité de leur activité. Cependant, tous les employés n’étaient pas préparés à un tel changement, faisant la part belle aux outils en ligne.

Rappelons-le : plus de 13 millions de Français ne sont pas à l’aise avec le numérique . Parmi eux, combien ont été confrontés à d’importantes difficultés quand leur employeur leur a imposé le travail à domicile ? Une chose apparaît certaine : de nombreux salariés ne possédaient ni le matériel, ni les compétences nécessaires. Pour eux, au douloureux bouleversement des habitudes, s’ajoute donc le risque de se voir ostracisés par cette révolution numérique. Une menace qui pourrait se prolonger même après le déconfinement, le télétravail étant possiblement amené à s’inscrire dans la durée.

Des troubles dans la scolarisation

De plus, au sein des familles isolées numériquement, les effets de la crise liée au coronavirus frappent également les enfants. En effet, avec la fermeture des écoles, la « continuité pédagogique » était supposée prendre le relais, grâce à des outils essentiellement numériques. Mais encore une fois, tous les élèves ne disposent pas des mêmes moyens… Qu’en est-il de ceux ne possédant pas d’ordinateur à la maison ? D’une connexion Internet suffisamment fiable ou rapide ? Dans un tel contexte, comment assurer l’égalité des chances à l’école ?

L’isolement des seniors

Par ailleurs, on sait que les personnes âgées figurent parmi les plus fragiles face au Covid-19. Il leur est donc recommandé de limiter au maximum leurs déplacements. Mais comment faire ses courses ou se soigner sans sortir ? Réponse : en profitant des plateformes de livraison en ligne. Malheureusement, deux tiers des non-internautes français ont plus de 65 ans… Ce sont donc ceux qui auraient le plus besoin des outils numériques pendant le confinement qui éprouvent le plus de difficultés à les utiliser.

De même, les applications de visioconférence constituent un bon moyen de rester en contact avec ses proches à distance. Mais lorsqu’on sait tout juste envoyer un mail, il n’est pas facile de passer un appel sur Zoom ou Google Meet… Pour les personnes âgées, avec le confinement, l’isolement numérique conduit donc à l’isolement tout court.

Les pays les moins avancés les plus touchés

Enfin, comme le souligne un récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), ces inégalités se retrouvent également entre les différents États. Car, dans les pays les moins avancés, seulement 20 % de la population dispose d’un accès à Internet. Par conséquent, en exacerbant les fractures numériques à l’échelle internationale, la crise sanitaire risque de creuser le fossé entre les nations, aussi bien d’un point de vue économique que de l’accès à l’éducation.

Quels remèdes ?

Forte de ce constat, la CNUCED appelle donc à une prise de conscience globale. « Si l’on ne s’attaque pas à ce problème, le fossé béant entre les pays sous-connectés et hyper-numérisés va s’élargir », prévient Shamika Sirimanne, directrice de la technologie et de la logistique de l’organisation. Chaque État est ainsi invité à s’attaquer à cette problématique.

Concrètement, quelles solutions mettre en œuvre ? Il convient premièrement de garantir un accès à Internet en haut débit à l’ensemble de la population. Mais comme on l’a vu, il ne suffit pas de mettre à disposition les ressources techniques, il faut également développer le savoir-faire.

Pour les entreprises, cela passe tout d’abord par une prise d’information auprès des collaborateurs. Il s’agit ainsi d’identifier ceux présentant des lacunes, afin de leur proposer un accompagnement adapté. Objectif : n’exclure personne du processus de transformation numérique.

Enfin, un travail de formation s’avère également indispensable pour les personnes âgées. Certaines initiatives existent déjà, à l’image des bus numériques, mais leur portée semble encore limitée. Pourquoi, dès lors, ne pas profiter de l’exposition offerte par les médias traditionnels auprès de cette population ? On pourrait, par exemple, imaginer un programme télévisé consacré à la maîtrise des outils numériques, dédié aux seniors. Après tout, serait-ce moins utile qu’un cours de cuisine en direct ?

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