Emploi, toutes les raisons d’espérer face à la crise

Faisons un constat de la situation dans le domaine du travail, avant de trouver des raisons objectives d'espérer

Les nouvelles se suivent et ne se ressemblent pas. Aux informations négatives succèdent des informations positives et il est difficile de savoir à quel saint se vouer. L’espoir de reprise économique se fait au jour le jour. Tantôt, pour les uns, elle pourrait arriver très bientôt. Tantôt, pour les autres, elle n’arriverait que plus tard après bien des aléas. Pour tenter d’y voir plus clair s’agissant de l’emploi, faisons d’abord un constat de la situation dans le domaine du travail, avant de trouver des raisons objectives d’espérer. 

Un premier constat négatif

Jamais la situation économique n’aura été aussi incertaine, hors période de guerre. Et les nouvelles sur l’emploi oscillent entre optimisme à court et long terme, ou pessimisme avec des conséquences déjà très concrètes :

  • Des secteurs en arrêt total comme le spectacle vivant.
  • Des salariés en fin de CDD qui n’ont pas encore retrouvé de travail en raison de la pénurie d’offres.
  • Des intérimaires sans missions depuis le mois de mars.
  • Des entrepreneurs au carnet de commandes vide.
  • Environ 700 000 jeunes qui arriveront bientôt sur un marché du travail transformé.
  • De grands groupes comme Air France en passe de supprimer 7000 à 10 000 postes, a priori avec des départs uniquement volontaires.
  • Et 500 000 emplois détruits rien que sur la période de mars.

À tel point que, comme l’expliquait le Parisien le 12 juin, les banques alimentaires voient arriver des profils bien différents depuis quelques semaines, comme des restaurateurs ou des entrepreneurs. Sans parler des personnes qui, faute de revenus, ne peuvent plus payer leur loyer. Dans cette réalité violente, peut-on entrevoir la lumière au bout du tunnel ?

Les bonnes nouvelles

Ce n’est pas une bonne nouvelle en soi, car il ne s’agit que d’une hypothèse. Mais les économistes les plus optimistes pensent à une reprise de l’activité à son niveau d’avant crise avant la fin de l’année, ou dans le pire des cas d’ici 2022. Cependant, d’autres indicateurs plus tangibles invitent à chausser des lunettes un peu plus roses pour regarder l’avenir à plus court terme sur le front de l’économie et, par conséquent, de l’emploi.

  • Dans le secteur du bâtiment

Les chantiers ne s’étaient pas tous arrêtés durant le confinement, loin de là. Mais le secteur a connu une perte de 55 % mai. En juin, celle-ci n’est évaluée qu’à 34 % [1], ce qui laisse penser à une reprise sérieuse des constructions.

L’immobilier lui aussi reprend des couleurs et surtout, le changement des demandes est spectaculaire. Ainsi, à 100 km autour de Paris, les maisons avec jardin et une excellente connexion Internet partent comme des petits pains. Ce qui peut laisser présager une hausse d’activité pour les agences immobilières et le secteur de la rénovation de l’habitat dans des régions qui avaient perdu de l’attractivité.

  • Dans le secteur automobile

Comme l’expliquait Europe 1 le 17 juin, les immatriculations de voitures hybrides ont bondi de 89 % en juin, un record ! Les voitures électriques profitent, d’une manière générale, d’une embellie inattendue alors qu’elles avaient encore du mal à soulever les foules avant le confinement. Les hybrides représentent ainsi aujourd’hui 15 % du marché automobile et les voitures purement électriques, 5 %. Les aides de l’État, avec le bonus écologique et la prime à la conversion, ont convaincu ceux qui résistaient encore. Cela s’est traduit par une ruée des clients aux portes ouvertes des concessionnaires.

Après des mois d’arrêt, le secteur voit concrètement s’annoncer une reprise. Et avec elle, ce sont des milliers d’emplois qui résistent et des entreprises qui pourraient accueillir de nouvelles recrues.

  • Concernant la consommation des ménages

À la sortie du confinement, la consommation était repartie à la hausse. Mais beaucoup d’observateurs craignaient que cela ne dure pas. Or, depuis le 11 mai, la consommation n’a pas baissé. Au contraire, après une épargne forcée, les Français qui le peuvent ont envie de se faire plaisir. Pour le secteur du commerce physique, notamment les entrepreneurs qui ont ouvert leur boutique avant le confinement, c’est enfin une bonne nouvelle. Il reprend même des couleurs face aux sites e-commerce.

D’ici là, que faire pour rebondir ?

Mais bien sûr, pour ceux qui cherchent un emploi, qui étaient en formation pendant le confinement, ou qui connaissent une situation financière difficile, cela ne suffit pas.

Pour les entrepreneurs en faillite

Le confinement a entraîné des fermetures en cascade par manque de trésorerie. Bien souvent, les entreprises concernées connaissaient déjà des difficultés que la crise a intensifiées. Pour les aider, l’association “60 000 Rebondsaccompagne gratuitement les entrepreneurs post-liquidation pour les aider à rebondir et à lancer un nouveau projet. Un millier de bénévoles partout en France mettent à leur disposition leurs compétences et un soutien concret.

Pour les apprentis en recherche d’entreprise et les jeunes diplômés

Le gouvernement a décidé de soutenir tout particulièrement les apprentis et les entreprises de toute taille et plus seulement celles qui comptent moins de 250 salariés. Pour cela, il propose une aide à l’embauche de 5000 € pour les mineurs et de 8000 € pour les majeurs (jusqu’à 30 ans), jusqu’au diplôme de licence pro. Par cette aide, le gouvernement veut montrer qu’il s’investit pour l’emploi des jeunes.

Le vendredi 18 juin au micro de France Inter, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est par ailleurs dit favorable à une prime à l’embauche (plutôt qu’à une baisse des charges) pour aider les jeunes diplômés.

Comme nous pouvons le constater depuis le début de la crise, le soutien aux entreprises et la confiance des ménages sont les deux impondérables de la reprise. Sans eux, l’emploi ne pourra pas retrouver son taux d’avant Covid. Dans le même temps, de nouvelles manières de consommer, voire de vivre (plus à la campagne qu’en ville) pourraient redessiner durablement le fonctionnement économique du pays et ses besoins en compétences.


[1]   Source : Les Échos

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.