La mise en œuvre du marketing digital responsable

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La mise en œuvre du marketing digital responsable

18 mars 2022

Les Marketeurs utilisent intensément logiciels et outils informatiques. Or, le numérique totalise une empreinte carbone de 4% des GES depuis 2019 et atteindrait 8% en 2025, si rien ne change. Au-delà de l'impact majeur de la fabrication (sur les minerais) et de la fin de vie (sur la biodiversité), les usagers ajoutent une lourde consommation d'énergie à cette empreinte déjà exponentielle.

Les professionnels du marketing digital se doivent de prendre leur part de responsabilité : le poids des pages web a été multiplié par 115 entre 1995 et 2015, le nombre de vidéos visionnées comme les données téléchargées augmentent drastiquement, mais jusqu'au ? Le marketing digital responsable est en train de naître, prenez-en conscience, car nous avons un rôle à jouer.

Impliquez les équipes dès la production de contenus

Rappelez-vous : maintenir des pratiques d’un autre âge comme diffuser en masse des contenus peu ciblés ou mal optimisés encombrent serveurs et machines et consomment en 24/7. Impliquez tout le monde dès la conception des contenus : les équipes marketing, communication et créatives doivent limiter la taille des fichiers vidéos mais aussi des images et des documents imprimés.

  • Détruisez les contenus PDF devenus obsolètes
  • Sauvegardez les images en .svg ou .png
  • Réduisez la qualité des vidéos à 430 pixels quand cela est possible
  • Supprimez la lecture automatique des vidéos sur les réseaux sociaux
  • Limitez les vidéos à 30 secondes à 2 min max.
  • Utilisez un logiciel limitant le poids de vos vidéos. Certains ont été pensé pour les « gamers » exigeants en matière qualité de l'image. Souvent gratuits ces soft s’avèrent efficaces pour réduire la résolution des vidéos en minimisant l'impact sur la qualité.

Pratiquez l’analyse du cycle de vie des contenus climaticides

Tenez compte du stockage des données périmées : newsletters, post LinkedIn obsolètes bannières online et publicités display, dont on ne s'inspirera plus, continuent à consommer de l'électricité en 24/7. Archivez les anciennes campagnes téléchargées sur Teams, One drive, SharePoint, la DSI vous remerciera !

Dites aux Community Managers de supprimer les campagnes obsolètes restées en ligne sur le « profil Entreprise » des réseaux sociaux. Faites réduire la taille des publications en PDF stockées en haute définition dans le cloud pour ne garder que l'essentiel. Parlez-en aux collègues autour de vous, ils finiront par réduire le « gras du numérique » en réalisant ces éco-gestes simples idéalement une fois par trimestre.

Influencez positivement le comportement de vos clients

Le Covid est sous contrôle car les gens savent se protéger : les clients comme les collaborateurs semblent heureux de retrouver leurs semblables en présentiel. Comme ils seront moins nombreux que d’habitude, la qualité relationnelle sera d’autant plus forte et l’empreinte environnementale dûe aux déplacements restera limitée. L’organisation d’évènements reste donc possible et devient plus cadrée ne vous empêchez pas de les proposer.

Donnez des occasions de participer avec vos équipes à des actions caritatives ou environnementales du type action Zéro déchets, Clean Up day ou en relation avec des ONG.

Organisez des rencontres ponctuelles et locales pour créer des témoignages clients authentiques et vous en servir dans les réseaux importants. Cela sera plus efficace que des publicités impersonnelles diffusées massivement en display. Remettre le contact humain au cœur de vos actions numériques redevient essentiel sur le plan social comme environnemental (on produit moins mais mieux).

Rappelez dans vos promotions que vous n’enverrez pas de soldes toutes les 2 semaines pour cause d’impact du numérique sur l’environnemental. Cela rendra vos promotions plus attendues.

De même, maintenir actifs 5 ou 6 profils de réseaux sociaux n’est peut-être pas si pertinent que cela. Vérifiez vos statistiques de trafic : elles démontrent que 2 ou 3 plateformes suffisent à faire remonter les prospects les plus pertinents.

Il est temps de s’habituer à la notion de « sobriété numérique » comme à la « sobriété tout court », car elle fait gagner une triple efficacité : environnementale, commerciale, comme sur la réduction des coûts !

Rendre le SEO plus respectueux de la planète ?

Le référencement naturel peut-il être sérieusement étudié sous l’angle du développement durable ? Les agences expertes en matière de référencement naturel prônent les bonnes pratiques suivantes :

  • Écrire des contenus dédiés à vos 4 persona (portraits robots de vos meilleurs clients) et rien d’autre
  • Optimiser les mots clés grâce aux expressions les plus recherchées en usant de la longue traîne
  • Extraire les mots clés des concurrents pour y injecter aux nôtres les termes qui manquent
  • Créer des livres blancs qui couvrent plusieurs centaines de mots clé d’un thème donné et allonger leur profondeur, les rendre accrocheurs, profondément argumentés voire illustrés. La base quoi !
  • Diffuser un bel article par mois sert davantage le SEO que des dizaines d’articles creux et sans grande valeur pour l’internaute (termes répétés trop souvent) si Google apprécie, les humains désertent le site et la crédibilité de l’entreprise en prend un coup ;-( 
  • Opter pour une politique d’URL responsable consiste à éviter “la masse noire” c’est-à-dire d’empêcher Google de crawler des URL inutiles. Désindexez des URL indexées par erreur ou encore en ligne après plusieurs refontes successives.
  • Repérer et supprimer les contenus dupliqués permet de réduire le temps de crawl de Google.

Le SEO serait-il nativement respectueux de l’environnement ?

Le SEO encourage naturellement au nettoyage du site, des pages et des mots clés qui ne sont plus utilisés pour laisser place aux mots clés et expressions d’actualité. Sans le savoir le SEO est un atout des principes du numérique responsable, il encourage les développeurs et chefs de projets web à maintenir des sites légers, efficaces, optimisés sur les urls comme les contenus. Google classe au top les sites bien conçus, déclasse les sites dont les techniques de black hat sont présentes. Ainsi développer un site éthique qui respecte les normes W3C reste en phase avec les enjeux environnementaux. Il reste cependant à pousser plus loin les investigations. Obtenir des calculs de consommations énergétiques liées au référencement naturel et payant serait intéressant. Gageons que les experts SEO s’intéressent davantage à l’empreinte carbone de leur activité et trouvent d’autres astuces encore moins énergivores.