Le positivisme est une injonction, l’optimisme un pari

Contrairement au positivisme, l’optimisme ne nie rien ; il ne minimise pas la criticités, voire la noirceur de certaines situations.

Comment définissez-vous l’optimisme ?

L’optimisme peut être défini sur trois niveaux complémentaires. C’est d’abord une fonction cognitive innée nous permettant de nous projeter positivement. C’est ensuite une disposition liée à notre personnalité et à nos expériences. Enfin, et c’est la vision la plus responsabilisante, l’optimisme est une posture qui consiste à se donner les moyens d’inspirer aux autres l’envie d’avancer[4].

Cette définition est-elle la plus transposable au monde de l’entreprise ?

Oui, en entreprise, l’optimisme se traduit par un comportement collectif d’ouverture, de participation et de construction. Cette attitude positive est contagieuse : elle se nourrit d’optimisme tout en en produisant. Elle engendre des effets bénéfiques pour le management, tels que la clarté des objectifs, le soutien mutuel, la confiance et le sens du défi. En étant optimiste pour les autres, on leur donne l’impulsion de l’être eux-mêmes.

Ne s’agit-il pas d’une nouvelle injonction au bonheur ?

C’est le positivisme qui est une injonction, souvent brandie comme un slogan simpliste et infantilisant. L’optimisme, lui, est un pari sur la créativité, l’intelligence et la confiance[4]. Loin de nier la réalité, il en prend acte pour mieux la transformer. Il ne vise pas un idéal, mais une amélioration, même minime. L’optimiste ne dit pas “ça va bien se passer”, mais se demande : “Que puis-je faire pour trouver un moyen d’avancer et de faire avancer les autres ?”. Cet état d’esprit se manifeste dans la manière de parler, de traiter l’information et de décider en situation d’incertitude[4].

L’optimisme est-il le contraire du pessimisme ?

Non, nous possédons tous une part des deux. Le pessimisme est une ressource de précaution, non une valeur négative. Il peut même être fédérateur, comme le montre la célèbre phrase de Churchill. Il existe par ailleurs des “pessimistes fonctionnels” pour qui la prudence et l’évitement du risque sont des compétences clés, notamment dans les métiers liés à la sécurité, au contrôle ou à la finance. Dans ces contextes, un pessimisme modéré est une compétence et un optimisme excessif, un danger.

L’optimisme peut-il s’apprendre ?

Il ne s’apprend pas à travers des stages de communication, mais par l’expérience. L’apprentissage consiste à identifier les situations propices à l’expression de cette attitude. Cela demande une introspection sur ses propres capacités, sur la perception qu’ont les autres de nous et sur les personnes sur lesquelles on peut compter pour nous soutenir.