Les autodidactes : réussir sans diplôme, une gageure ?

Les autodidactes sont portés aux nues ou jalousés, mais est-il encore possible de réussir sans diplôme ? Beaucoup de professionnels, anonymes le plus souvent, réussissent sans avoir connu les bancs de la Fac ou d'une grande école.

Les autodidactes sont portés aux nues ou jalousés, mais est-il encore possible de réussir sans diplôme ? Comme vous allez le voir, cela reste une éventualité, et beaucoup de professionnels, anonymes le plus souvent, réussissent sans avoir connu les bancs de la Fac ou d’une grande école. Néanmoins, attention aux faux espoirs.

Exercer un métier sans avoir fait des études pour cela. Voilà une définition de l’autodidacte. Celui qui, par l’apprentissage sur le temps long ou par une autoformation, réussit à vivre de sa profession. Bien sûr, on peut aussi être autodidacte dans les loisirs, à la guitare ou en travaux manuels. Mais dans le cadre professionnel, cela revêt un caractère d’autant plus intrigant. Pourtant, à l’époque des grandes écoles et des bac+5, est-il encore possible d’être autodidacte et de réussir sans diplôme du supérieur ? 

Des exemples d’autodidactes qui ont réussi 

Le plus connu des autodidactes français actuellement est sans doute Xavier Niel. Le patron de Free s’est en effet construit tout seul, sans le moindre diplôme, en saisissant l’opportunité du Minitel rose dans les années 80. Si les messageries de charme ont longtemps été son dada, c’est Internet qui deviendra, plus globalement, son cheval de bataille dès les années 90. 

Selon l’INSEE, 11,7 % des entrepreneurs en France n’ont pas de diplôme. On peut ainsi ajouter à cet exemple, Alain Afflelou ou encore Jacques Dessange. 

Aux Etats-Unis, citons Diane Hendricks, qui a repris l’entreprise ABC Supply après le décès de son mari. Une petite société familiale qui, notamment grâce à elle, pèse désormais plus de 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Et il ne faudrait pas non plus oublier Oprah Winfrey. Ces deux exemples[1], cités par le magazine Forbes sur les femmes autodidactes américaines, sont aussi ceux de parcours semés d’embûches et du rêve américain au bout du chemin.

Que ce soit aux États-Unis, dans les pays nordiques, ou encore en Angleterre, les self-made-men (ou women) ont toujours suscité l’admiration. Car c’est finalement sans l’aide de personne qu’ils ont pu percer par leurs propres moyens, à force de travail et d’acharnement.

Dans le monde des médias une fois encore, un des exemples plus emblématiques en France est celui d’Élise Lucet. La célèbre journaliste d’investigation n’a en effet aucun diplôme en journalisme ni aucun diplôme du supérieur. C’est un stage dans une radio locale qui lui a mis le pied à l’étrier. On peut aussi citer à l’étranger Mary Higgins Clark, la plus célèbre auteure de polars derrière Agatha Christie.

D’une manière plus générale, le spectacle, l’édition et les médias connaissent beaucoup de parcours d’autodidactes. C’est en effet plus le talent qui compte qu’un quelconque diplôme.

Sans cursus universitaire, du bon et du moins bon

Dans les PME et PMI par ailleurs, les autodidactes sont très nombreux. Selon une étude du Medef, 80 % des entreprises françaises sont dirigées par des professionnels qui ont simplement le Bac ! C’est dire s’il reste encore possible de réussir et de monter un projet sans détenir un fameux papier du supérieur qui certifie vos compétences.

Ainsi, tous ces métiers peuvent être exercés sans forcément avoir un cursus universitaire. Ce qui n’est évidemment pas le cas des professions réglementées.

Et cela, même si des métiers passent outre avec des dénominations ressemblantes. Par exemple, contrairement au métier de psychologue, psychiatre ou de psychothérapeute, celui de psychanalyste n’est pas réglementé. N’importe qui peut dès lors apposer une plaque devant son cabinet, en autodidacte. 

La formation professionnelle indispensable chez les autodidactes 

Cela peut sembler paradoxal, mais c’est bien souvent la formation professionnelle qui permet aux autodidactes de réussir. Ainsi, qu’ils soient jeunes ou plus âgés, beaucoup d’entrepreneurs autodidactes se forment en amont et en permanence. 

Le web et le nombre impressionnant de formations en ligne sont pour eux un véritable support de réussite. Car on pourrait croire que les diplômes sont la seule clé d’accès à une profession de dirigeant ou en tout cas de porteur de projet. Mais la formation en ligne, et la possibilité pour chacun d’apprendre une discipline et un métier à son rythme par le biais du web, ont bousculé tous les codes.

Citons par exemple :

Les formations sont payantes ou gratuites, et certifiantes ou non, selon les catégories. Elles concernent plus souvent des métiers du numérique ou de l’entrepreneuriat, mais de nombreuses catégories sont possibles. 

Dans le même temps, peut-on encore être qualifié d’autodidacte si on se lance dans une formation au long cours certifiante ? La définition aurait du mal à tenir debout. En effet, l’autodidacte apprend le plus souvent par lui-même et picore ici et là les informations dont il a besoin pour avancer.

C’est ainsi que la plupart d’entre eux trouvent matière à réflexion en lisant énormément et c’est une de leurs caractéristiques communes. Au lieu d’être devant un professeur ou un intervenant, ils préfèrent s’inspirer d’autres autodidactes ou bien en savoir plus sur un sujet et le creuser eux-mêmes. 

Autodidacte : se méfier des miroirs aux alouettes 

Face à toutes les possibilités qu’offre le web pour apprendre un métier sans passer par l’Université ou une école, il faut néanmoins rester prudent. Certes, les formations mettent en avant un emploi quasi garanti à la sortie, ce qui n’est pourtant pas automatique.

Dans le même temps, tous les exemples qui fleurissent sur les autodidactes ou ceux qui ont changé de métier peuvent amener à bien des désillusions. Les chances de réussite ne dépendent en effet pas, là encore, de la formation à 100 %, mais aussi des capacités personnelles.En outre, les formations peu sérieuses peuvent aussi profiter de la période de questionnement de certains actifs. Il est donc important de prendre du recul, par un bilan de compétences par exemple, ou de mener sa barque formatrice en solo comme la plupart des autodidactes.


[1] Source :  https://www.forbes.fr/femmes-at-forbes/milliardaires-autodidactes-americaines-une-annee-record/

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Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

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