MBTI : quelle utilité dans le monde du travail ?

Comment fonctionne-t-il ? Et à quoi peut-il servir dans le monde du travail ? Focus sur un outil psychologique incontournable, qui reste toutefois sujet à controverse.

Les tests psychologiques ont depuis longtemps quitté le seul champ du développement personnel, pour investir la sphère professionnelle. Le plus célèbre d’entre eux porte le nom de MBTI et vise à classer les êtres humains selon 16 types de personnalité.

Chaque année, plusieurs millions de personnes seraient soumises au MBTI. Ce test de personnalité, parmi les plus réputés, est aussi bien utilisé par des individus que des entreprises. Comment fonctionne-t-il ? Et à quoi peut-il servir dans le monde du travail ? Focus sur un outil psychologique incontournable, qui reste toutefois sujet à controverse.

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Petite histoire du MBTI

Les prémices de cette méthode remontent aux travaux du psychiatre suisse Carl Jung. En 1921, celui-ci établit une théorie relative aux « types psychologiques », permettant de regrouper des individus en catégories, en fonction de leur caractère.

C’est en s’appuyant sur ces travaux qu’Isabel Briggs Myers et sa mère, Katherine Cook Briggs, mettent au point, en 1944, un test qui portera leurs noms : le Myers Briggs Type Indicator (MBTI). Le but de cet outil : déterminer la personnalité d’une personne à travers ses réponses à un questionnaire.

4 axes, 16 personnalités

Concrètement, au fil du test, l’individu est invité à exprimer ses préférences, qui sont ensuite interprétées selon quatre axes :

  • Énergie : le sujet peut être considéré comme extraverti (E) ou introverti (I). Le premier puiserait son énergie dans ses interactions avec les autres, le second dans les moments passés seul.
  • Recueil d’information : la distinction est faite entre ceux privilégiant la sensation (S), les sens, le réel, à ceux davantage dans l’intuition (N), le théorique, l’abstrait.
  • Décision : qu’est-ce qui conduit généralement l’individu à faire des choix ? La pensée (T), via une analyse rationnelle et objective, ou plutôt le sentiment (F), en faisant davantage confiance à ses émotions et à ses valeurs ?
  • Mode d’action : les personnes portées sur le jugement (J) seraient plus enclines à apprécier l’ordre et le contrôle, tandis que celles sur la perception (P) préféreraient la spontanéité et seraient plus ouvertes au changement.

De ces quatre dimensions sont alors déduites seize (24) types de personnalité, chacun résumé en quatre lettres : ISFJ, ENTP, ISTJ…

Bien sûr, l’idée n’est pas d’affirmer, par exemple, qu’un introverti serait incapable de s’ouvrir aux autres. Mais le résultat obtenu permettrait d’identifier les situations dans lesquelles un individu se sent le plus à l’aise (zones de confort).

Si vous souhaitez vous-même passer le test, sachez que le questionnaire officiel fait l’objet d’une protection intellectuelle. Il n’est donc accessible que sur le site de The Myers-Briggs Company (en anglais) ou via un praticien agréé. Néanmoins, il existe sur le web plusieurs versions gratuites non officielles, probablement moins précises mais reposant sur le même principe.

Un outil d’introspection

Le MBTI se veut premièrement utile à titre individuel. En apprenant à mieux se connaître elle-même, une personne peut ainsi prendre conscience de ses propres qualités et de ses aspirations naturelles. Cela lui donne alors des clés pour améliorer son quotidien et ses relations personnelles.

Cette information s’avère également précieuse pour son orientation professionnelle. Quelques exemples de métiers sont d’ailleurs parfois associés à des profils MBTI, afin notamment d’aiguiller ceux cherchant une nouvelle carrière.

Le MBTI au service du management

Mais c’est souvent dans le cadre d’une entreprise que l’outil est employé. Il peut en effet aider à mieux appréhender les différences de fonctionnement parmi les membres d’une organisation. Car au sein d’une équipe, les collaborateurs possèdent rarement tous le même profil psychologique. Et cela a une influence certaine sur les relations entre collègues.

Par exemple, en schématisant, les extravertis (E) auront plus tendance à chercher des interactions en permanence avec les autres, tandis que les introvertis (I) aspireront à davantage de tranquillité. De même, on peut observer une grande disparité de communication entre des individus privilégiant une approche rationnelle dans la prise de décision (T) et ceux plus tournés vers leur ressenti (F). Qui risque alors d’aboutir à des incompréhensions, voire à des conflits.

Par conséquent, il peut être utile au management de recourir à une analyse MBTI. L’objectif est alors de mieux connaître ses équipes, afin d’adapter sa communication à chaque collaborateur. Le manager peut également en apprendre davantage sur son propre fonctionnement, ce qui contribue à fluidifier ses interactions avec les autres. En revanche, il semble malvenu de faire appel au MBTI dans le cadre du recrutement. Tout du moins, cette évaluation ne doit pas suffire à écarter un profil. Car il paraîtrait inapproprié de rejeter un candidat à la seule lecture d’un test qui possède inévitablement ses propres lacunes… Des limites que nous aborderons dans un prochain article.

Nos valeurs
Au sein de l’Observatoire de la Compétence Métier, notre ambition première est de remettre l’humain au centre de l’équilibre des entreprises.

Depuis sa création, l’Observatoire de la Compétence Métier s’est donné pour mission de fédérer et d’informer les professionnels et les particuliers sur la nécessaire préservation et promotion de l’humain ainsi que de la compétence métier en entreprise. Nous sommes en effet convaincus que la compétence métier et l’expertise des femmes et des hommes qui composent l’entreprise se révèlent à long terme un patrimoine inestimable.

Notre ambition, au travers de nos publications, est d’affirmer avec conviction que ces valeurs sont le véritable patrimoine de l’entreprise, la réelle valeur ajoutée et surtout la meilleure protection contre les dérives actuelles que sont la standardisation, la vision court-termiste et le nivellement par le bas des logiques d’entreprise.