Les chiffres du burn-out en France

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Les chiffres du burn-out en France

27 janvier 2023

L’épuisement professionnel, ou burn-out, touche de nombreux salariés en France. Sujet tabou pendant de nombreuses années, la souffrance psychique au travail est aujourd’hui un vrai débat de société et le terme de burn-out est entré dans notre langage courant. D’où provient ce stress intense, qui fait perdre leurs moyens à des dizaines de milliers de salariés ? Les dessous du mal du siècle.

Les évaluations chiffrées

Il n’existe pas à ce jour de système de calcul officiel pour mesurer le burn-out chez les salariés, mais de nombreuses études ont permis de dresser un bilan chiffré et de mettre en avant certains faits sur le sujet.

Ainsi, selon l’Institut de veille sanitaire, 480 000 personnes en France seraient en détresse psychologique au travail et le burn-out en concernerait 7%, soit 30 000 personnes sur le territoire français. Une étude du cabinet Technologia révèle un chiffre bien plus inquiétant : 3,2 millions d’employés, c’est-à-dire 12% de la population active, présenteraient un “risque de burn-out”.

Selon une plus récente étude réalisée par Opinion Way avant l’été 2022 résumée dans cette infographie, la détresse psychologique des collaborateurs « reste à un niveau élevé et inquiétant ». Selon ces chiffres, elle toucherait 41 % des salariés, dont 14 % à un taux élevé. En outre, 34 % des salariés français seraient en burn-out, et parmi eux 13 % en burn-out qualifié de « sévère » (soit plus de 2,5 millions de personnes).

Selon cette même enquête, les populations les plus durement exposées à ce type de pathologies seraient :

  • Les femmes, à 46 %, avec une baisse de 1,5 points par rapport à 2021 ;
  • Les moins de 29 ans, à 59 %, avec une hausse de 5 points par rapport à 2021 ;
  • Les télétravailleurs, à 45 %, avec une hausse de 5 points par rapport à 2021 ;
  • Les managers, à 43 %, avec une hausse de 10 points par rapport à 2021.

Un phénomène reconnu par l’OMS

Le burn-out apparaît dans la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la Santé dans le chapitre qui liste les facteurs impliquant un recours aux services de santé. Pour autant, il n’est pas considéré comme une maladie, mais plutôt comme un syndrome lié à un stress chronique au travail. L’OMS précise bien que ce terme concerne uniquement le contexte professionnel.

Les origines du stress au travail

La qualité de vie au travail est partie prenante de l’épanouissement des salariés. Et de nos jours, elle ne dépend plus uniquement du job en lui-même mais aussi de tout l’environnement autour. De nombreux éléments pèsent dans la balance : les conditions de travail, les relations avec les supérieurs, les pairs et les clients, la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, etc.

Les conséquences visibles du burn-out

Un grand flou subsiste autour du burn-out, et pourtant, ce concept est apparu il y a plus de 40 ans, mis en lumière par le psychiatre Freudenberger. Les effets de ce syndrome seraient identifiables à plusieurs niveaux :

  • Sur le plan émotionnel : le burn-out entraîne souvent des angoisses, des appréhensions et de la tristesse.
  • Au niveau somatique : le stress engendre parfois des douleurs au niveau du dos, des maux de tête, des troubles du sommeil ou encore des vertiges.
  • D’un point de vue cognitif : le salarié en proie à l’épuisement professionnel ne parvient plus à mener à bien ses missions.
  • En termes de comportement : on peut assister à un isolement et à un repli sur soi.

Il reste difficile de mener une lutte efficace contre le burn-out, puisque ce dernier peine encore à se faire une réelle place auprès des professionnels de santé, faute de reconnaissance officielle. Certaines associations, comme VLB - Vaincre Le Burn out, poursuivent cette mission forte au quotidien et accompagnent les victimes, de plus en plus nombreuses.