Comment gérer et exprimer sa colère au travail ?

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Comment gérer et exprimer sa colère au travail ?

30 mars 2022

En entreprise, les occasions ne manquent malheureusement pas de se sentir agacé(e), frustré(e), voire horripilé(e). Comment faire pour gérer sa colère au travail, sans l’étouffer ni la laisser prendre le dessus ? Mode d’emploi en 4 conseils.

Est-ce un hasard si les mots « collègue » et « colère » sont si proches phonétiquement ? Certainement, mais cette coïncidence traduit les innombrables sources de frustration en entreprise. Problème de communication entre collègues, charge de travail démesurée, reconnaissance insuffisante du management, manque de moyens sur un projet… D’ordinaire, vous parvenez à prendre sur vous, mais une nouvelle remarque déplacée en réunion vous fait finalement sortir de vos gonds. Dès lors, comment exprimer votre ressenti, sans que la colère ne vous emporte ? Voici quatre conseils pour gérer au mieux cette situation : la liste des « 4 É ».

1. Éviter de réagir à chaud

Comme le dit l’adage, « la colère est mauvaise conseillère ». Si elle peut cependant être utile à terme, il convient de ne pas la laisser prendre le contrôle lorsqu’elle survient. Car en laissant exploser votre frustration, vous avez peu de chances d’obtenir les résultats escomptés. Pire : vous risquez de vous discréditer, en donnant l’impression de ne pas savoir contrôler vos émotions. Alors prenez le temps de faire redescendre la pression, par exemple en allant vous aérer l’esprit, en effectuant des exercices de respiration, voire en patientant jusqu’au lendemain.

Cette attitude possède une autre vertu : elle vous permet de prendre de la distance par rapport à votre colère et de la sonder. Quel en est l’élément déclencheur ? Ce dernier cache-t-il en réalité une raison plus profonde ? Avec du recul, cet événement vous paraît-il mériter une telle débauche d’énergie ? En vous interrogeant sur votre propre réaction, plutôt que sur l’événement extérieur, vous parviendrez plus facilement à la mettre ensuite à profit.

2. Écrire sa colère

Cela ne suffira sans doute pas à apaiser totalement la frustration. Il est alors nécessaire d’exprimer votre colère, afin d’éviter qu’elle ne vous ronge de l’intérieur. Si vous choisissez de l’ignorer, elle risque en effet de grandir jusqu’à ce que vous ne soyez plus en mesure de la contenir.

Dès lors, le recours à l’écrit s’avère généralement utile. Mais pas dans le but d’envoyer le contenu par mail ou par courrier. L’objectif est plutôt de mettre des mots sur votre exaspération, afin de la libérer. Écrivez donc une note, personnelle, que vous conserverez, dans laquelle vous pouvez vous exprimer sans limites, y compris de façon agressive ou désordonnée. Cette démarche contribuera premièrement à apaiser votre colère. Mais elle vous aidera aussi à mieux la comprendre, voire à réévaluer la gravité de la situation.

3. Évacuer le négatif

Ce passage à l’écrit vous servira également d’appui lors de l’étape suivante, consistant à filtrer le négatif de votre colère, pour n’en garder que la partie utile. À cet effet, vous pouvez vous inspirer d’un des quatre accords toltèques : « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. » En l’occurrence, les actes de vos collègues et de vos managers ne sont pas dirigés contre vous. Par conséquent, évitez de vous laisser influencer par le biais d’attribution hostile, qui ne fait qu’alimenter votre ressentiment.

Vous pouvez même aller plus loin, en trouvant du positif dans la situation. Par exemple, votre collègue vous a rendu le dossier que vous attendiez, mais il comporte plusieurs erreurs. De quoi vous agacer, évidemment. En revanche, vous pouvez noter qu’il a respecté les délais, ce qui vous laisse le temps de lui demander de corriger les approximations. Ainsi, l’idée n’est pas d’enjoliver démesurément les faits, mais d’apporter davantage de pondération.

4. Élaborer des solutions et un argumentaire

Les conseils précédents contribuent à vous placer dans un meilleur état d’esprit. Mais ils ne font pas disparaître les problèmes. Il est donc primordial que vous réfléchissiez, à tête froide, à des solutions susceptibles de réduire votre frustration à terme. Attention cependant : vos idées ne doivent pas se résumer à des attaques personnelles. Au contraire, il s’agit de proposer d’améliorer ensemble le fonctionnement de l’équipe : réorganisation, recrutement, nouveau mode de communication… D’autant que ce comportement proactif sera probablement apprécié du management, contrairement à une attitude uniquement plaintive.

Mais encore faut-il parvenir à exprimer ses idées. C’est pourquoi vous avez intérêt à préparer votre discours. Ne laissez pas trop de place à l’improvisation, qui risque de vous faire oublier certains points cruciaux, engendrant davantage de frustration. Il est toutefois inutile de basculer dans l’extrême inverse, en apprenant par cœur votre argumentaire, à la façon d’un poème en alexandrins… Prenez simplement le temps de structurer votre pensée, afin d’être à l’aise au moment de la restituer. En effet, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… et posément. En revanche, gardez à l’esprit que, même avec la meilleure préparation, vous n’obtiendrez pas nécessairement gain de cause à 100 %. Veillez donc à rester ouvert(e) à la discussion, à vous montrer à l’écoute des arguments de vos interlocuteurs et à vous en servir pour alimenter votre réflexion. Dans le cas contraire, vous risquez d’être vous-même à l’origine de la colère de vos collègues et, in fine, de renforcer la vôtre.